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LA CHANSON DU CHIEN

(Lithographie)

Les Courses.

Quoique Degas ne fût pas, tant s’en faut, un homme de cheval, un gentleman-rider, il connaît et rend à merveille le superbe animal ; il l’aime pour son élégance, sa belle tenue fringante, nerveuse et l’apprécie pour sa noblesse.

Personne comme Degas, n’a interprété le pur-sang et tout ce qui l’approche. Il est le peintre par excellence des chevaux de courses, des jockeys, des lads, des entraîneurs, du monde si bigarré des pelouses. Il étudie le cheval non seulement dans les champs de courses, les paddocks, mais partout où l’on peut le rencontrer. Son œil subtil le poursuit encore dans les relations mathématiques de son ossature, de son squelette. Il sait à fond ses formes, détaille le jeu de ses muscles, désarticule ses mouvements si variés, ses attitudes si subites, si instantanées et inattendues et il le rend en d’innombrables dessins, parfois résumés en quelques traits incisifs, d’une fidélité et d’une maîtrise sans pareilles. Il modela même un certain nombre de chevaux en terre et en cire.

« Quel dommage, disait-il, qu’un si noble animal déshonore si souvent ceux qui s’occupent de lui », en pensant aux maquignonnages où tant de gens du meilleur monde se laissent entraîner.

La première œuvre de Degas où le cheval tient un rôle est la Scène de guerre au moyen âge, exposée au Salon de 1865; mais peut-elle être comptée au nombre de ses tableaux de chevaux? Degas ne se contente pas de poursuivre la tradition de Carie Vernet et de Géricault — les lithographies du premier, la célèbre Course du second firent époque — . L’œuvre de Degas en ce genre, beaucoup plus sincère, plus vraie, renouvelle complètement la matière.

Il a brossé nombre de tableaux de courses. En 1863, il peint une course :

Avant le départ. Retouchée par lui en 1880, cette toile fit successivement partie des collections Brame et Manzi. Acquise en 1894 par J. de Camondo, elle se trouve par conséquent au Louvre. Un Steeple-chase a figuré, par extraordinaire, à l’exposition des Champs-Elysées de 1866, où il passa inaperçu de la critique, même d’Émile Zola qui, dans le compte rendu du Salon paru à Y Evénement, où il se pique de découvrir les talents nouveaux, n en souffle mot. Il est vrai que, malgré ses prétendues méthodes expérimentales, Zola manque totalement de sens critique et analytique.

Vient ensuite :La Voiture de courses, exposée aux Impressionnistes de 1875 ; elle appartenait alors au chanteur Faure, qui posséda un moment de nombreux ouvrages du maître. Viennent encore, et successivement :

Le défilé avant la course, dont les derniers plans représentent le mont Valérien et le coteau de Boulogne — il en existe une variante au musée de Boston et une autre dans les collections Durand-Ruel — ; Devant les tribunes, où les concurrents, dont les ombres se profilent sur la piste, passent devant les gradins bondés de spectateurs et de spectatrices aux toilettes printanières. Cette toile — peinte à l’essence — qui figura à l’exposition des Impressionnistes ouverte en avril 1879, avenue de l’Opéra, est aujourd’hui au Louvre — legs J. de Camondo — , après être passée par la collection Faure ; Les jockeys amateurs, près d’une voiture dont on ne voit que l’arrière, entourée de gentlemen sur leurs bêtes, avec un horizon de coteaux modérés. Le tableau date de 1880. Puis, une Course de chevaux aujourd’hui au musée de Boston ; Avant le départ sans doute peint antérieurement à 1892; en avant d un coteau, les chevaux attendent leur placement en ligne pour se lancer sur la piste, frémissants et exaspérés du repos imposé. Les jockeys, bien d’aplomb sur la selle, vont heureusement leur donner le signal de l’élan à travers l’espace ; Chevaux de course, montés, tableau ayant figuré en 1894, à la vente Th. Duret ; Avant la course, vente Gouspy en 1898

Il existe d’autres courses encore. Citons d’abord : le délicat Petit hippodrome, de la collection Lerolle ; un Champ de courses, figurant au premier plan, un landau occupé par des femmes en toilettes claires ; sur la pelouse, des gentlemen et des cavaliers ; des files d’équipages s’échelonnent le long de la piste qui poudroie sous le galop des coureurs ; derrière s’élève un rideau d’arbres. Signalons ensuite deux autres toiles de jockeys montés sur leurs cracks, dans les champs d’exercices ; une troisième toile montrant, de face, les chevaux montés par leurs lads, et partant pour la promenade matinale dans les prés encore couverts de rosée. Puis, à

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