‹ Dégénérescence et criminalitéChapitre 21 sur 82 · Aubry, la Contagion ‘du meurtre, th · texte numérisé non relu

Aubry, la Contagion ‘du meurtre, th

que constituant un argument en faveur de l’importance du rôle de l’hérédité dégénérative dans la genèse de la criminalité, s’oppose à ce que l’on considère l’hérédité comme une prédisposition fatale au crime. Toute dégénérescence peut se transmettre héréditairement sous une autre forme dégénérative, de préférence il est vrai sous une forme connexe : c’est ainsi que certaines formess’associent plus volontiers dans les familles (goutte, diabète et obésité, folie et épilepsie ; rhumatisme et hystérie, etc., etc.). Il est fréquent, par exemple, de voir la folie et le crime alterner dans la même famille : en raison de cette alternance possible et fréquente, l’hérédité ne peut pas servir de base à des mesures préventives du crime.

Nous pouvons rappeler que la criminalité se distingue, parmi les dégénérescences, par la plus grande fréquence de son hérédité directe. En outre, tandis que les autres dégénérescences névropathiques sont susceptibles de s’associer au génie et de le reproduire par hérédité, la criminalité ne s’est rencontrée que chez quelques rares artistes, et on ne cite guère de génies ou même d'hommes de talent qui soient issus de criminels. Cette circonstance concourt à faire considérer la criminalité comme une des formes inférieures de la dégénérescence; mais nous aurons à revenir sur d’autres faits qui sont encore plus capables d’appuyer cette opinion.

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