CRIMINALITÉ ET ATAVISME
aux criminels sont le plus souvent des anomalies localisées au crâne, à la mandibule, aux membres, et ne se conforment pas à un plan général d’organisation capable de servir à désigner une race spéciale, répondant à un type sauvage ou préhistorique. En outre, il faut remarquer que les traces de dégénérescence, telles que manifestations névropathiques ou vésaniques, scrofules, etc., qui se rencontrent si souvent chez les criminels, n’ont rien à faire avec l’atavisme, qu’elles semblent même plutôt exelure, puisqu'elles sont incompatibles avec une génération régulière. On ne peut pas plus les considérer comme des caractères d’une race vivante même la plus inférieure. On a voulu rattacher à l’'atavisme la microcéphalie qui accompagne si souvent l’imbécillité et l’idiotie !, et que l’on rencontre aussi chez les criminels, peut-être moins souvent pourtant que la macrocéphalie; mais la microcéphalie, souvent liée à d’autres lésions anatomiques, se rencontre fréquemment chez des sujets qui présentent, en même temps que des anomalies dites réversives, des malformations non seulement du cerveau, mais aussi d’autres organes. Certaines de ces anomalies, comme le bec-de-lièvre, les hernies, le sexdigitisme, etc., n’ont rien à faire avec l’atavisme, mais s'expliquent facilement par des troubles de développement dus à des états morbides de l'em-
4. Aeby, Ueber das Verhältniss der Microcephalie und Ata: vismus. Stuttgard, 1878. — Spitzka, Insanity, etc. New-York, 1883, p. 278. — Ducatte, la Microcéphalie au point de vue de latavisme (thèse de Paris, 1880).
bryon. Si l’on admet que les microcéphales et les imbéciles représentent au point de vue psychique quelqu'un de nos ancêtres, dira-t-on aussi que linfécondité commune chez ces mêmes sujets est aussi la réapparition d’un caractère ancestral? Une fille peut offrir un développement considérable de la mandibule sans qu’on puisse conclure que l’infanticide dont elle s’est rendue coupable est une manifestation de l’atavisme.
Les perversions instinctives des enfants ont été citées à l'appui de la théorie atavique du crime : la criminalité ne serait que l'enfance prolongée, ou bien que la sauvagerie survivante. Mais, dans cette circonstance encore, on .a souvent confondu atavisme et anomalie de développement. Il est certain que les enfants présentent souvent des tendances antisociales, une propension aux actes violents, à la vengeance, à la colère, à la cruauté, au vol, etc. Bien avant l’école d’anthrôpologie criminelle, l’existence de ces manifestations a été signalée dans les antécédents des névropathes et des vésaniques; et elles ne peuvent pas être considérées comme constlantes. Il y a exagération évidente à dire avec Lombroso « que les germes de la folie morale et du crime se rencontrent non par exception, mais d’une façon normale dans les premières années de l'homme, comme dans l’embryon se rencontrent constamment certaines formes qui dans un adulte, sont des monstruosités ». +
D'ailleurs si les tendances criminelles, antisociales des enfants étaient un fait normal, phÿsiolo-