‹ Dégénérescence et criminalitéChapitre 59 sur 82 · LES · texte numérisé non relu

LES

‘dans des conditions meilleures que celles qu'il avai

l'assistance ne doit pas consister à placer le malade

à l’état de santé. La société a rempli son devor quand elle lui a créé une existence qui s’éloigne ke moins possible de celle qu'il menait avant quel maladie l’eût frappé, si elle v a ajouté les cond: tions hygiéniques les plus avantageuses. C’est œ qui paraît exister pour les aliénés indigents de Gheel.

Si l'on considère l'institution comme un établissement de traitement, elle est moins parfaite; ses partisans les plus dévoués reconnaissent qu'il ; a de grands perfectionnements à apporter à &! égard.

Le service médical de l’infirmerie, où réside le médecin en chef, ne laisse rien à désirer; maisi n'en est pas de même de la surveillance médicak des aliénés placés dans les familles. En raison de l'éloignement considérable des villages, les visites ne peuvent être que très éloignées, et les nourricier ne peuvent pas toujours être éclairés suffisamment sur les soins à donner aux malades curables, qui sont un peu trop livrés à eux-mêmes; les malade traités à Gheel sont mieux partagés à cet égard que ceux des hameaux. On a particulièrement relevé les inconvénients au hameau des Bruyères de Wikelom, où sont placés les plus agités ; des amélioritions ont déjà été apportées à l’état ancien. |

Il est d’ailleurs difficile d'apprécier la valeur thé rapeutique du système de Gheel. Le docteur Bulker et M. Peeters ont introduit dans leurs statistique

un élément de doute en confondant les améliorations

et les guérisons. La même confusion existant dans

les statistiques des asiles belges, on peut comparer

les chiffres ; mais il faut tenir compte de la différence

qui existe entre les malades. Les rapports du gou-

vernement donnent comme chiffre des guérisons et améliorations pour la période de 1853 à 1870 : à Gheel, 24 pour 100; à l’hospice Guislain de Gand (hommes), 38 pour 100; à l’hospice des femmes aliénées de Gand, 43 pour 100. | La statistique de Gheel se présente défavorablement pour plusieurs raisons. La plus grande partie

deces malades viennent d’asiles fermés et sont incu-

rables. Un article d’un règlement interdit d'y con-

server des aliénés suicides, homicides, intendiaires ;

or ces manifestations se rencontrent plus souvent

dans les formes aiguës que dans les formes chro-

niques. Les alcooliques, qui guérissent souvent

de leurs accès, sont placés de préférence dans les asiles voisins des villes. Enfin les malades des villes sont placés plutôt dans les asiles que les paysans, clients ordinaires de Gheel, que leurs familles conservent plus longtemps ou que les communes négligent de placer, en diminuant leurs chances de guérison. |

S'il est vrai qu'un individu séquestré partout ailleurs comme dangereux peut vivre en liberté à Gheel, où les tendances inhérentes à son délire tiennent sans cesse en éveil le nourricier prévenu, les moyens de coercition n’y sont cependant pas inconnus. Outre le séjour à l'infirmerie par mesure

d'ordre, on dispose, contre l'agitation, de la ceinture avec gants, des entraves, de la camisole *. |

D'une manière générale, Gheel produit une impression favorable ; on est frappé du bon aspect des malades, de laffabilité des nourriciers, qui paraissent très fiers de montrer leurs pensionnaires florissunts de santé et propres; il semble que ces gens soient nés gardiens d’aliénés.

La commission du Sénat, qui a visité Gheel, se lient à distance entre l’enthousiasme et le dénigrement *, et elle conclut : « Nous avons reconnu les avantages de Gheel sans nous faire illusion sur a possibilité d’une imitation de Gheel dans nos départements *. »

Ce jugement réservé n’était d'ailleurs que h reproduction de l’opinion exprimée par la plupart les spécialistes qui ont visité Gheel; même en Belgique, l'avis général était que Gheel ne pouvait pas ètre imité, qu’il fallait des siècles pour créer une institution semblable. |

Une circonstance particulière a permis de mettre cette opinion à l’épreuve.

La colonie de Gheel présentait pour l’administra-

l. Je ne sais au nom de quels principes on proteste contre ves moyens de contrainte, qui sont beaucoup moins brutau: ue la contention manuelle et qui sont absolument sans ‘langer lorsqu'ils sont surveillés.

). Notes et documents concernant la législation française ct les législations étrangères sur les aliénés (Annexe au rap port de M. Roussel, p. 697, 1884).

3. Rapport fait au nom de la commission chargée d'examiner le projet de loi portant revision de la loi du 30 juin 1838 sur les aliénés, p. 35, 1884.

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