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FRÉDÉRIC NIETZSCHE

tinct ; précisément chez eux, le propre déchirement par les remords de conscience devrait être exceptionnellement violent, et néanmoins le remords de conscience y est quelque chose d’extrêmement rare! On voit que la thèse de Nietzsche est une idée délirante, et rien de plus, et qu’elle ne vaut pas la peine d’être mise un instant en sérieuse comparaison avec l’explication de la conscience proposée par Darwin l, et acceptée par tous les moralistes.

L’argument philologique. Bonus aurait été primitivement cluonus, c’est-à-dire aurait signifié 1’ « homme de discorde, de désunion (duo), le guerrier 2 ». La preuve de la forme antérieure duonus est offerte par hélium = duellum = duen-lum. Or, on ne trouve nulle part duenlum, mol librement inventé par Nietzsche, comme duonus. Admirez cette méthode. Il imagine un mot, duonus , qui n’existe pas, et l’appuie par le mot duen-lum , qui n’existe pas davantage, qui est également puisé dans l’imagination. La philologie déployée là par Nietzsche est à la hauteur de celle qui a créé la belle et convaincante série de dérivés alopex-lopex-pex-jnx-pux-fechs- ficlis-fuchs (renard) . Nietzsche est énormément fier d’avoir découvert que l’idée de faute ( Schuld ) découle de l’idée très étroite et

1. Charles Darwin, op. cit., p. 127 : « Une fois que les facultés intellectuelles se sont hautement développées, des images de tontes les actions et de tous les mobiles passés traversent incessamment le cerveau de chaque individu, et ce sentiment de mécontentement, qui... est invariablement la conséquence d’un instinct quelconque non satisfait, surgira chaque fois que l’on aura remarqué que l’instinct social durable et toujours présent a cédé à un autre plus fort sur le moment, mais ni durable d’après sa nature, ni ne laissant une très vive impression. Beaucoup de désirs instinctifs, tel, par exemple, celui de la faim, sont manifestement, d’après leur nature, de courte durée, et, une fois satisfaits, ne peuvent être ni facilement ni d’une façon vivante évoqués devant l’âme ».

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