Dr Hugo Kaalz, op. cit., lr6 partie, p
FRÉDÉRIC NIETZSCHE
Nietzsche, « et parla en expressions enthousiastes de ce prophète allemand aux yeux duquel la morale de Stuart Mill n’est que le symptôme morbide d’un temps dégénéré; de cet « aristocrate radical » qui rabaisse à des révoltes d’esclaves tous les grands mouvements populaires libéraux de l’histoire, la Réforme, la Révolution française, le socialisme moderne, et ose avancer que les millions de millions d’individus composant les nations n’existent que pour produire une fois ou deux, dans chaque siècle, une grande personnalité 1 ».
Robert Schelhvien accorde, il est vrai, plus honnête en cela que d’autres apôtres nietzschéens, que la « doctrine » de Nietzsche « aura de la peine à exercer jamais une action considérable sur le vulgaire individualisme », ce qu’il regrette visiblement, quoiqu’il la range parmi « les grandes erreurs et les choses étroites », et il fait ce qu’il peut, en partie pour élucider, en partie pour critiquer le bavardage de son « prophète », par son propre bavardage 2.
Une série d’imitateurs s’efforce activement de prendre modèle sur Nietzsche dans les plus infimes détails. Son traité Schopenhauer éducateur ( Considérations intempestives, 3e morceau) a trouvé dans Rembrandt éducateur une monstrueuse parodie. 11 est vrai que le verbiage jaillissant et les bonds d’idées insensés du fou furieux n’ont pu être imités par l’auteur imbécile de cette parodie. Ce symptôme pathologique serait, d’ailleurs, presque im-
t. Ola Hansson, La jeune Scandinavie. Quatre essais. Dresde et Leipzig, 1891, p. 12.