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Jules Hurel, Enquête sur révolution littéraire, p

l’égotisme

comme l'éditeur Cotta, dans la première moitié de ce siècle, faisait en Allemagne des classiques. La désignation même émane d’une sorte d’Almanach des Muses que M. Catulle Mendès publia en 1860 sous ce titre : Le Parnasse contemporain : recueil de vers nouveaux, et qui renfermait des productions de presque tous les poètes de l’époque.

Je n’ai pas besoin de m’occuper ici de la plupart des noms de ce groupe nombreux, car ceux qui les portent ne sont pas des dégénérés, mais de braves gens de la moyenne susurrant correctement la chanson qui leur a été chantée par d’autres. Ils n’ont exercé aucune influence directe sur la pensée contemporaine, mais seulement contribué indirectement à fortifier l’action de quelques chefs, en se groupant autour d’eux dans l’altitude de disciples et en leur permettant par là de se présenter avec un cortège imposant, ce qui fait toujours de l’impression sur les badauds.

Ces chefs seuls ont de l’importance pour mon enquête. C’est à eux que l’on songe quand on parle des parnassiens, et c’est de leurs particularités que l’on a dérivé la théorie artistique attribuée au Parnasse. Incarnée de la façon la plus parfaite dans Théophile Gautier, elle se résume en deux mots : perfection de la forme et « impassibilité ».

Pour Gautier et ses disciples, la forme est tout en poésie, le fond n’a pas d’importance. « Un poète, quoi qu’on dise », ainsi s’exprime-t-il, « est un ouvrier; il ne faut pas qu’il ait plus d’intelligence qu’un ouvrier et sache un autre état que le sien, sans quoi il le fait mal. Je trouve

PARNASSIENS ET DIABOLIQUES

très parfaitement absurde la manie qu’on a de les guinder sur un socle idéal : rien n’est moins idéal qu’un poète... Le poèfe est un clavecin et n’est rien de plus. Chaque idée qui passe pose son doigt sur une touche : la touche résonne et donne sa note, voilà tout1 ». A un autre endroit il dit ceci : « Pour le poète, les mots ont, en eux-mêmes et en dehors du sens qu’ils expriment, une beauté et une valeur propres, comme des pierres précieuses qui ne sont pas encore (aillées et montées en bracelets, en colliers ou en bagues : ils charment le connaisseur qui les regarde et les trie du doigt dans la petite coupe où ils sont mis en réserve 2 ». Gustave Flaubert, un autre adorateur du mot, se range complètement à cette manière de voir, quand il s’écrie : « Un beau vers qui ne signifie rien est supérieur à un vers moins beau qui signifie quelque chose 3 ». Par les mots « beau » et « moins beau », Flaubert entend ici « des noms aux triomphantes syllabes, sonnant comme des fanfares de clairon », ou « des mots rayonnants, des mots de lumière 4 ». Gautier n’admettait de Piacine, que lui, romantique, avait naturellement en profond mépris, que ce vers unique :

La fille de Minos et de Pasiphaé.

L’application la plus instructive de cette théorie se trouve

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