II
L’ÉGOTISME
BO
dans une pièce de vers de M. Catulle Mendès intitulée Récapitulation , qui commence ainsi :
Rose, Emmeline,
Margueridette,
Odette,
Alix, Aline,
Paule, Hippolyte,
Lucy, Lucile,
Cécile,
Daphné, Mélite,
Artémidore,
Myrrha, Myrrhine,
Périne,
Nais, Eudore.
Suivent onze strophes de façon identique, que je me dispense de reproduire, puis cette strophe finale :
Zulma, Zélie,
Régine, Reine,
Irène !...
Et j’en oublie i.
« Et j’en oublie ». C’est le seul des soixante vers de la pièce qui renferme un sens, tandis que les cinquante-neuf autres se composent uniquement de noms de femmes.
Ce que M. Catulle Mendès se propose ici est assez clair. Il veut montrer l’état d’âme d’un libertin qui jouit au souvenir de toutes les femmes qu’il a aimées ou avec lesquelles il a flirté. L’énumération de leurs noms doit faire surgir dans l’esprit du lecteur des images voluptueuses d’une