PIÈCE JUSTIFICATIVE N° XII
Saint-Clar, 28 février 1903.
Ma chère Albanie,
Je ne voudrais pas vous parler de mes pressentiments, mais une fois encore ilsne m'ont pas trompés(sie). Je vous avais bien dit que j'étaissure; la dame du juge de paix était boiteuse, brune et petite. Toutes mes idées étaient vraies. Elle est en effet boiteuse, brune et petite. A présent, je ne vous surprendrai pas lorsque je vous dirai que je ne dois pas quitter Saint-Clar avant six mois, que je dois prendre une assurance sur la tête de mon frère, que cela ne vient pas de moi, que j'obéis à une force et une volonté supérieure et autre que la mienne. D'ailleurs, il y a de cela six jours, vous pouvez vous rappeler très bien que, dans la journée, je vous
parlais de mes pressentiments et que j'étais triste. Je n'aurais pas fait attention à la chose, mais, mon rêve s'étant renouvelé cette nuit même, je me ferais un cas de conscience de ne pas exécuter ponctuellement ce que l’on m'a ordonné. J'aurais trop peur d'un malheur. Je vous dis toutes ces choses ma chère Albanie et mon cher Camille, car vous seuls vous comprenez et vous seuls savez ma pensée entière, car je me suis confiée à vous qui l'aimiez et qui aviez su, par vos sages conseils et votre amitié, adoucir d’un peu et rendre ma peine moins amère et moins sombre.
A présent, me direz-vous, comment expliquer tout ceci à la maison ? mon plan est tout trouvé et, certes, je ne veux pas leur dire la véritable raison. La comprendraient-ils d’ailleurs et saisiraient-ils le véritable motif qui me fait agir de la sorte. Je me trouve d'après moi en quelque sorte enchainée à cette volonté qui n'est pas mienne et à laquelle j'obéirai, quoiqu'il m'en coute, envers et contre tous. Car, je ne veux pas avoir de remords et, certes, je désire, si cela se peut, vouloir être avertie et dirigée, même et surtout lorsque mon guide est par delà la tombe.
(Suile, au crayon.)
Je m'éveille après un songe terrible. Ah que les morts sont heureux, eux du moins ne rèvent pas !
Au milieu d’une vapeurcommeun nuage j'appercois (sic) l'être toujours adoré. Tu vois, me dit-il, je viens ’avertir que dans huit mois ton frère sera mort. Tu vas me promettre de prendre sur sa tête une assurance qui vous tirera de celte misère rose où vous vous trouvez Pierre et toi.
Je sais que tu as plaisir à rester à S'-Clar. Eh bien, lorsque tu seras plus riche, tu le pourras. Ah ! que je suis heureux de vous voir iei vivre un peu de la même vie heureuse et libre que nous menions tous trois. Ton bonheur à Loi est un peu ma consolation. Je suis heureux de voir que de Pierre tu vas en faire un homme et que tu l'élèves bien. Je t'en aime davantage si c'est possible. Continue, tu t'en trouveras bien. Je t'en prie, promets moi de faire ce que je viens de te dire. C'est le seul moyen de te sortir de Jà.
Adieu, puisses-tu exécuter mes ordres car je maudirais celui qui l'en empêcherais (sic).
Et puis, lentement, plus lentement encore, son ombre se penchai (sie) vers mon lit et je sentis un froid de marbre sur mon front brülant de fièvre. Je m'éveillais, tout avait disparu !!
Et, à propos de Rachel Dupont, les experts, MM. Anglade, Pitres et Régis ajoutent dans leur rapport: « L'idée de simuler des pressentiments, des rêves prophétiques, l’idée surtout de faire
apparaître dans ces rêves, comme agent de révélation et comme guide tutélaire, une de ses propres victimes, cette idée ne peut venir à tout le monde, et on peut dire qu'il y a dans une telle conception quelque chose de létrangelé mystérieuse, dramatique et mystique de l’énormité des conceptions de certaines hystériques. » Ainsi que le dit ailleurs M. Régis « l’hystérique ne fait rien comme tout le monde: ses actes délictueux et eriminels ont un cachet étrange, mystérieux, romanesque, tenant à la fois du drame, de la féerie et du feuilleton ; ce sont des inventions incroyables, des tromperies sans égales, des habiletés, des duplicités consomnrées, des lettres anonymes, des soupcons portés sur des tiers, des révélations de la tombe et du ciel, ete., ete. Elavec cela, parfois, des imprévoyances grossières et naïves (1). »
Les empoisonnements commis sont généralement multiples et leur nombre dépasse parfois tout ce que l'on peul imaginer. Hélène Jegado n'avait pas commis moins de trente empoisonnements ou tentatives d’empoisonnements. Marie Jeanneretfut déclarée coupable de neuf de ces crimes; Van der Linden, l’'empoisonneuse de Leyde, empoisonna ou tenta d’empoisonner cent deux personnes. « Lorsqu'on est entrainé par un torrent de crimes, on ne s’arrète pas quand on veut(2). » Il est probable que seule leur arrestation et la découverte de leurs crimes empèche ces empoisonneuses de répandre la mort autour d'elle. Ainsi que le dit M. Granier « que deviendraient ces criminelles si elles n'étaient pas arrêtées à la mort de leur première viclime? Leur mentalité est toujours suspecte (3)». L'une d'elles, Nanette Schœnleben, a répondu à cette question: « Au moment de l'exécution, elle avoua que sa mort pouvait êlre considérée comme un événement heureux pour le genre humain: « Car, disait-elle, je n'aurais jamais pu résister à la tentation « d'empoisonner encore. »
(1) E. Réeis. Précis de psychiatrie, 3° édition. Paris, 1906, p. 992, 933. (2) Victor Huco. Lucrèce Borgia.
(3) Gamille Granier. La femme criminelle. Paris, 1906, p. 209,
Les mobiles de ces crimes sont les mobiles de tous les crimes : l'amour, la cupidité, l'ambition, la vanité. Mais, dans certains cas, écrit Brouardel « des personnes ont commis un grand nombre d’empoisonnements sans qu'on ait pu en déterminer, je dirai mème, en deviner le mobile (4) » et, d'après une statistique du Ministère de la Justice, pour une période de 55 ans, de 1825 à 1880, ces empoisonnements sans motif sérieux, par pure animosité, ne s'élèveraient pas à moins de 43 pour 100 du chiffre de ces crimes (2). Il n'est donc pas toujours vrai que
Celui-là fait le crime à qui le crime sert (3)
et pour Hélène Jegado et Marie Jeanneret en particulier, 1l est impossible de mettre en évidence le mobile de leurs crimes. Quant à Nanette Schæœnleben, on ne trouve pour expliquer ses crimes que de légers griefs particuliers : sa haine générale contre le genre humain et ce fait que sa vanité était satisfaite à la pensée d'exercer un occulte et fatal pouvoir. Ainsi que le dit M. Granier, la vanité du motif allégué sufhirait à faire douter de l'intégrité de leurs facultés intellectuelles.
Nous avons indiqué dans notre historique les poisons employés dans le passé, Un tableau statistique, publié par M. Lacassagne, indique les poisons employés de 1835 à 1890 (4). Il est done inutile de revenir sur ce sujet. Il est bon de faire observer cependant que, selon la remarque de M. Duncan, ce n'est pas parce que nous savons moins que les anciens que l’art des empoisonnements secrets parait êlre perdu, c’est, au contraire, parce que les progrès de la toxicologie ont fait connaître les substances dont l’action étail alors connue d’un petit nombre de gens seulement et ont fait disparaître le mystère qui les entourait. Les poisons employés par les empoisonneuses contemporaines sont, à quelques exceptions près, très
(1) P. Brouarpez. Les empoisonnements criminels el accidentels. Paris, 4902, p. 58.
(2) Raoul Saurrer. Etude sur le crime d’empoisonnement. Thèse de doctorat en droit. Paris, 1896, p. 63.
(3) Pierre ConNeize. Médée, acte Il, scène IL.
(4) À. LacassaGne. Précis de Médecine Légale. Paris, 1906, p. 683.
peu variés ; ce sont toujours les mêmes parce que ce sont ceux que l’on se procure le plus facilement et, parmi eux, nous devons citer l’arsenic et le phosphore, qui servent à préparer la mort aux rats, et le sulfate de cuivre. Avant l'apparition des allumeltes phosphorées, l’arsenie était le poison courant; pendant quelques années il fut détrôné par le phosphore et tous deux, dans les stalistiques, tiennent actuellement la tête de la liste des poisons recherchés des criminels (1).
(4) Gitons ici un exemple d’üne des premières expertises à laquelle l’arsenic ait donné lieu et dont nous ayons conservé la relation.
PIÈCE JUSTIFICATIVE N° XIII Extrait de Secousse. — Mémoires sur Charles IT le Mauvais, t. Il, p. 502-503.
138%. Mardi de relevée XXIe jour de mars, mil €. €. c. quatrevins et quatre, pardevant le Prévost de Paris estant en son siège sur les quarreaux du Chastellet de Paris, en la présence de Maistre JEAN MERLET, GUILLAUME SIQUART, JEHAN FERNICLE et JEAN CompaiGxox, Notaires publics de l’auctorité du Pape et de l'Empereur, de Maistres BEranT Bresson et JEHAN Truquau, lieutenant dudit Prévost, Dreue Dans, Auditeur, Gices de Dreux et Aupry le Preux, Examinateurs, Prgrre Prouor et EsriENNE Rexarr, Advocas oudit Chastellet, de Maistre Henry de Morenr, Jean Drouarr, Simon BourGoiz, Oupartr de Frioueror, et JeuAN de Troyes, Cirurgiens, Jurez en la ville de Paris, et de ESTiENNE PasrTé, Jean Doc, RicHarD la GREFFE, GUILLEMIN Neveu et Taigaur de Vaucnarsis, Apoticaires, et de plusieurs autres, fu ataint (amené) RogertT DE WoRDRETON, ANGLOIZ, prisonnier audit Chastellet, lequel fist serment aux Sains Euvangiles de Dieu, qu’il diroit pure vérité de ce qu’il sauroit, et qui lui seroit demandé, auquel fu montrée une pièce de Arsenic, si comme l’en disoit, qui estoit enveloupée en une petite pièce de papier, et lui fu demandé par ledit Prévost, si c’estoit la pièce d'Arsenic qui avoit esté trouvée sur lui cousue en son gipon (a), quant il fu amenez n’aguères prisonnier oudit Chastellet, lequel Rogert respondi qu'il croyoit et tenoit que ce feust la dicte pièce, et lors ledit Prévost Lui dist qu'il regardast et avisasttrès bien ledit Arsenic, à savoir se c’estoit la pièce dont il avoit esté trouvez garniz quant il fu mis oudit Chastellet, ou non; et après ce que ledit Rogert ot veu, regardé, tenu et retourné ycellui Arsenic, il dist, recognut et affirma que c’estoit la pièce d’Arsenic qui avoit esté trouvée sur lui quant il fu oudit Chastellet emprisonné ; et ce fait, les dessuz nommez Cirurgiens et Apoticaires et chascun d’eulz singulièrement, au commandement dudit Prévost, jugèrent et firent serment aux Sains Euvangiles de Dieu, qu’ilz diroient vérité à leurs povoirs de ce qui leur seroit demandé, et qu’ilz sauroient ausquelz ledit Prévost dist qu’ilz veissent etavisassent ladicte pièce, et lui, diessent en leurs loyaultez, que c’estoit et que l’en en faisoit ou povoit faire, et la vertu et la propriété d'icellui Arsenic, au mieulz qu'ilz porroient, lesquels Girurgiens et Apoticaires, après ce qu'ilz orent veu, tenu et regardé, et chascun d’eulz, ladicte pièce qui estoit de la grosseur d’une grosse Avyelaine,et un pou plus, disrentetaffermérent tous d’un accort, que ladicte pièce estoit Arsenic rouge, et n’estoit pas sublimé, car s’il feust sublimé, il feust tout blanc, plus corrosif et plus fort que n’est le rouge, et povoit bien avoir en ycelle pièce le poiz de dix dragmes, parmi aucunes
(a) Le gipon était une sorte de pourpoint ou de plastron ajusté sur le buste et fait d’étoffes repliées ou rembourrées (CF. Gay. Glossaire archéologique du moyen äye et de la Renaissance, t. 1. Paris, 1887).
L'histoire des poisons a conservé le souvenir des modes d'administration les plus variés. Sous Catherine de Médicis, on empoisonnait, dit-on, à l'aide d’une fleur, d’un sachet parfumé, d'une lettre, d'un livre, de gants parfumés. « On avoit desjà, dit Henry Estienne, empoisonné le Prince de Portian par une paire de gands parfumez de la facon de maistre René, el ne taschoiton tous les jours de suborner quelqu'un pour en faire autant aux autres (1). » César Borgia se servait d'une bague dont Île chaton en donnant une poignée de main faisait une blessure légère mais mortelle. Ces bagues ont d'ailleurs été très employées autrefois et on en à retrouvé à Pompéi. Catalina de Viaritza se servit d’une épingle empoisonnée. M. de Poulaillon
très menues pièces qui estoient cheutes de la grand pièce; et dient lesdiz Apoticaires qu’ilz n’en oseroient point bailler à quelque personne que ce feust, sanz congié et auctorité de justice: dient oultre lesdiz Girurgiens et Apoticaires et chaseun d’eulz, interroguez singulièrement sur ce par ledit Prévost, présent à tout ce ledit Rogerr, que Pen fait ledit Arsenie par science d'Arcumie (alchimie), et par Arcumiens par composicion de pluseurs et diverses choses corrosives, comme de ver de griz, de chau vive, de soufre et de pluseurs autres choses : dient oultre par leurs seremens, que cé aucun avoit pris et mis en son corps de ladicte pièce dicellui Arsenic, une dragme de la grosseur d’un poiz ou moins, il convendroit qu'il en morust sans remède de Triacle où autre, supposé que par hastivement boire en grant habondance vin ou eaue, il miest hors ledit Arsenic; car ycellui Arsenic de sa nature est si corrosif, que en la partie où il se adherdroit (se attacheroit) ou asserroit dedans le corps d’une personne, il feroit tantôt une cautère ou bleceure, tout aussi que l'en feroit d’un fer bien chaud que l'en feroit toucher un pou à la char nue, d'aucune personne, laquel cautère ou bleceure, qui ainsi se feroit hastivement dudit,Asenic par dedans le corps, ne porroit jamaiz estre fanée ne gairie, maiz loujours continuelment devenroit grande et profonde, jusques à tant que la partie où elle seroit feust perciée tout oultre, et convendroit parce que la personne ainsi bleciée morust tantost, et n’est aucun qui peust mettre remède; et oultre dient que ledit Arsenic est bon et nécessaire pour aucunes choses, si comme pour oster la chair morte et pourrie des chevaux qui sont bléciez ou malades, et aussi en met l’en aucunes foiz avec aucunes autres mixtions doulces et amiables, en l'Art de Girurgie, pour oster et degater morte char et pourriture qui sont aucunesfoiz sur les personnes, en aucuns lieux ou l'en ne les porroit autrement attaindre ne curer la maladie, comme entre deux joinctures, ou ailleurs en divers lieux, où les Girurgiens n'oseroient bonnement faire incision, pour doubte de mutilacion de gréer les ners (nerfs) ou de aucuns autres inconvéniens : dient aussi lesdiz Apoticaires, que ladicte pièce d’Arsenic, ilz pourroient faire cer- Laine eaue, moult vertueuse et corrosive; car qui mettroit en icelle eaue la pointe dune espée d'acier, elle useroit et consumeroit ycelle pointe, et aussi toute lespée si elle y estoit longuement (ec), ja si dure ne seroit. ; | Signé : J. pe CESsiÈREs.
(e) Ges mots signifient peut-être, quelque dure qu’elle fût (note de lédition de 4755).
(4) Henry Esrcænne. Discours merveilleux de la vie, actions et déportemens de Catherine de Médicis, Roine-Mère, p. xxxY
LES DÉGÉNÈRÉES HYSTÉRIQUES 105
fut empoisonné, assure-{-on, à l'aide d'une chemise préparée au savon arsenical.
Mas, la voie digestive est certainement la plus communément employée. Le couteau de Parysatis, les figues de Livie, les pigeonneaux de la Brinvilliers, les breuvages empoisonnés des observations que nous venons d'éludier sont les procédés habituels des empoisonneurs et empoisonneuses. 11 y a quelques années cependant, la cour d’Assises de l'Ariège eut à juger une domestique qui avait empoisonné sa maitresse en lui administrant un lavement contenant une demi-once d'acide arsénieux (1).
Enfin, et cela vient resserrer encore le lien qui unissait autrefois le poison à la sorcellerie, rappelons qu'il y eut de véritables épidémies d’empoisonnement comme il y eut des épidémies de sorcellerie. Peut-être la majorité des contagionnés fut-elle composée de dégénérés hystériques ayant puisé dans leur esprit d'imitation et leur auto-suggestibilité l'adaptation à leurs ambitions et à leurs convoitises de ce crime dont ils entendent parler. Cette contagion mentale s'explique aisément chez ces déséquilibrés suggestibles à l'excès. Ainsi s’expliqueraient les épidémies qui se produisirent à Rome sous le consulat de V. Flaceus et de M. C. Marcellus, qui se renouvelèrent ensuite
(1) Selon certains auteurs, la voie génitale aurait été employée. D’après Avicenne, dit Flandin, les rois d'Égypte nourrissaient une femme avec du poison avant de l’envoyer à celui de leurs ennemis dont ils voulaient se débarrasser. Des chefs indiens conspirant la perte d'Alexandre lui envoyèrent une jeune fille d’une beauté remarquable qu’ils avaient de longue date nourrie et abreuvée de poisons. A son aspect, à l'aspect de ses yeux « étincelants comme ceux des serpents » un Macédonien devina la perfidie de l’ennemi : « Défiez-vous d'elle, dit-il, au roi, c’est la mort qu’elle vous apporte; cave ab hac, exilium libi paratur. » Et l’on ajoute, en effet, que ceux qui eurent commerce avec cette jeune fille périrent empoisonnés.
(F£aNniN. Trailé des poisons, L. 1, p. 18, d’après Gaspare a Reies franco, Elysius jucundanum quaesbr'ionnum carripus ; quaest, LXIEE, p. 483. Bruxellae, 1060).
Selon Zacchias, Galpurnius tuait ses femmes en leur introduisant avec le doigt de l'acide arsénieux dans les voies génitales « digilo interficiebal uxores » et Ladislas aurait trouvé la mort de cette facon, de Pacide arsénieux ayant été placé à Pavance dans le vagin de sa maîtresse.
Cuapurs (Toxicologie, p. 35) rapporte d'autre part qu'un paysan fit périr ses trois femmes par ce procédé. Les experts trouvèrent encore des traces du toxique et le collège de Copenhague, consulté, fit, sur des juments, des expériences qui furent positives.
dans l'Italie du xvi’ siècle et en France au xvu” siècle. Elles seraient l'équivalent des épidémies de danse de Saint-Jean (Aixla-Chapelle, xiv° siècle), de danse de Saint-Guy (Strasbourg, xv° siècle), de tarentisme (Italie, xv°, xvi°, xvu° siècles), et des nombreuses épidémies de possession démoniaque d'Aix (1609- 1611), de Loudun (1632-1639), de Louviers (1642), de Morzines (1861), de Verzegnis (1880), de Pledran (1881), de Jaca (1888).
Pour terminer el compléter cette élude nous rapportons ici quelques écrits d'empoisonneuses. Entre sa condamnation et son exécution, Nanette Schænleben écrivit ses mémoires. Marie Cappelle publia quatre volumes de mémoires et de correspondance et un volume intitulé « Heures de Prison ». Ces écrits sont très intéressants à étudier. Nous avons déjà donné un extrait d’une lettre de Rachel Galtié et dans son observation se trouvent également d'autres fragments de sa correspondance. Les quelques exemples qui suivent mettent en évidence la vanité, l'ambition, la suggestibilité en même temps que la mythomanie, l’exagération, le mysticisme et le souci de la mise en scène de ces criminelles.