I. Acte d'accusation
L'Accusée, — Les Crimes ET LEURS Mogices. — Rachel Dupont, veuve Galtié, vingt-quatre ans, sans profession, née le 31 août 1879, à Casseneuil (Lot-et-(raronne), fille d'Antoine et de Dupont (Catherine), veuve, un enfant, domiciliée à Saint-Clar.
À été renvoyée devant la Cour d'assises du Gers sous accusation de crime d'incendie volontaire, d'empoisonnement et du délit connexe de vol.
Le 21 juillet 1898, à la mairie de Casseneuil (Lot-et-Garonne), M'° Rachel Dupont épousait M. Gaston Galtié, chef-adjoint du cabinet du préfet des Hautes-Pyrénées. L'un et l'autre étaient de famille honorable, mais sans fortune. Peu de temps après, Galtié était nommé juge de paix à Saint-Clar (Gers), et le jeune ménage venait s'installer dans cette ville au mois de février 4899. La situation du mari, l'aménité de son caractère, son affabilité et sa bonne humeur lui attirèrent vite les sympathies et lui ouvrirent toutes les portes. La jeune femme fut recue dans les salons quelque peu fermés de la petite ville et elle y noua des relations agréables et suivies avec des jeunes femmes
(1) Archives d'Anthropologie Criminelle, de Criminologie et de Psychologie normale el pathologique, n° du 15 février 1905.
élégantes, distinguées et d'une situation de fortune beaucoup plus élevée que la sienne.
Leur éducation l'attirait, leur élégance l’éblouissait, elle admirait en elles les femmes du monde qu'elle rêvait d'imiter et dont elle enviait les toilettes, les bijoux, la fortune. Comment pourrait-elle, elle dont les ressources suffisaient à peine aux premières nécessités de l'existence, arriver à les égaler et à se procurer tant de confortable et tant de luxe ?
Les Vois. — Le 18 décembre 1900, une de ses amies, M"° Larrieu, née Georgette Caron, devait quitter Saint-Clar pour rejoindre son mari, capitaine d'infanterie de marine.
L'accusée le savait et, la veille, elle s'était offerte avec insistance pour l'aider à faire ses malles. Malgré le refus poli qui lui fut opposé, elle ne se rendit pas moins le matin de bonne heure chez son amie.
Vers 10 heures du matin, M"° Larrieu était occupée dans sa chambre à faire ses préparatifs de départ, elle avait étalé ses bijoux pour les enfermer dans leurs écrins, lorsque tout à coup elle fut avertie qu'un commencement d'incendie avait éclaté au rez-de-chaussée de la maison.
Elle descendit précipitamment et, avec l’aide des voisins accourus, l'incendie fut bientôt éteint ; il n'avait détruit que le paillasson qui se trouvait dans le couloir devant la porte du salon et auquel le feu avait été mis, car, il ne pouvait y avoir de doute, l'incendie avait été allumé par une main criminelle. On voyait encore, à côté du paillasson, une petite bouteille de pétrole et les allumettes dont s'était servi le malfaiteur. La dame (Galtié, qui était restée au rez-de-chaussée pendant que son amie était occupée dans sa chambre, affirmait au milieu de l'émotion générale qu'elle avait vu, en même temps, une flamme s'élever du côté du salon et un individu s'enfuir dans la rue.
La gendarmerie fut prévenue de cette tentative criminelle. M"* Larrieu descendit de nouveau de sa chambre pour expliquer au gendarme, comment, deux jours auparavant, elle avait été victime du vol d'un cachet en cristal et, quand elle remonta, elle constata que la plus grande partie de ses bijoux avait disparu. Les écrins, trop encombrants pour que le voleur pât les emporter, avaient été jetés dans la rue par la fenêtre. Où était et quel était le malfaiteur habile qui avait pu, en si peu de temps, profiter du moment où M"* Larrieu S'était absentée de sa chambre, monter au premier étage, s'emparer des bijoux et disparaitre ? Le gendarme présent ne put le découvrir; le juge de paix, que sa femme était allé chercher, ne fut pas plus heureux, et le parquet ouvril une information qui resta infructueuse.
Le mystérieux malfaiteur n'était autre que la dame Galtié, des perquisitions pratiquées chez elle, il y a quelques mois, à Saint-Clar et à
Casseneuil, ont fait découvrir quelques-uns des bijoux de M°° Larrieu. Les autres ont été vendus par elle, après les avoir déformés et brisés, mais le peu d'argent qu'elle en a retiré était impuissant à satisfaire sa cupidité et son amour du bien-être et du luxe. Elle ne tarda pas à recourir à d’autres et plus criminels expédients.
LES ASSURANCES. — Les EupoisonNeMENTS. — Il avait été souvent question, autour d'elle, d'assurances sur la vie, c'est-à-dire de contrats par lesquels une personne peut, moyennant une prime annuelle, toucher elle-même, à l'expiration d'un délai convenu, ou laisser à ses héritiers, en cas de décès, un capital fixé d'avance. Son père avait ainsi réalisé une assurance de dix mille francs ; son frère Gaston s'était pour la même somme, stipulée payable à elle-même, assuré contre les accidents ; enfin, un ami de la famille, M. Delherm, étant l'agent d'une compagnie, il est vraisemblable qu'elle avait entendu vanter les bienfaits de l'assurance. L'accusée pouvait donc trouver dans une combinaison de ce genre le moyen rapide et sûr de s'enrichir. Il lui suffirait de faire assurer certains membres de sa famille pour des sommes importantes, puis de leur donner la mort.
LE Mar. — Elle n'hésita pas. C'est par son mari qu'elle commenca. Dès lors, on la voit insister auprès de lui pour qu'il contracte une assurance de 20 000 francs. Galtié hésite parce qu'il n'a pas de quoi payer les primes. M. Delherm intervient et le décide à s'assurer pour un capital payable, au bout de vingt ans, à lui-même ou à sa veuve après son décès ; la proposition d'assurance fut signée par lui, en présence de sa femme, à Villeneuve-sur-Lot, en 1901. La prime annuelle devait être de 667 francs. Toutes les formalités préliminaires étant remplies, une police provisoire fut dressée à la date du 5 septembre 1901. Mais, au dernier moment Galtié se ravise : n'ayant pu obtenir de ses beauxparents le concours pécuniaire dont il avait besoin, il renvoie, le 9 octobre 1901, les feuilles de la police à M. Delherm avec ses regrets de ne pouvoir, vu la modicité de ses ressources, donner suite à son projet. Il parait certain que jusqu'au mois d'octobre 1902, c’est-à-dire pendant un an, l’accusée ignora cette décision de son mari. Le jour où elle la connut, elle lui fit, — c'est elle qui le dit, — « une seène à tout casser », el son enfant, sous ses yeux, tomba, on ne sait comment, dans le puits du jardin. Il en fut heureusement retiré sain et sauf.
Un mois après, Galtié mourait empoisonné.
L’ARSENIC. — L'information à établi que, à deux reprises différentes, peu de temps avant sa mort, sous prétexte de détruire les rats qui l'empêchaient de dormir et déchiraient son linge, l’accuséte a fait prendre de l'arsenie par Aurélie Refeille, sa servante, chez le pharmacien Rouède. C'est elle qui a administré à son mari les breuvages et les aliments empoisonnés ; une seule fois, elle a permis à sa bonne de lui
servir un bol de thé, car «elle sait par expérience, écrit-elle avec un certain cynisme, que c'est surtout la facon de présenter le remède qui guérit le malade ». Le médecin appelé auprès du malade ne comprit rien au mal étrange qui emportait celui-ci, etil fut dit que Gaston Galtié était mort d'un excès de table. Cette explication, donnée et adroitement répandue par la jeune veuve, fut trouvée toute naturelle.
Ce premier crime, si habilement, si froidement préparé et exécuté, ne devait procurer à l’accusée d'autre profit que celui de lui donner désormais toute liberté pour vivre et agir à sa guise. Personne maintenant auprès d'elle ne pouvait l’'entraver dans l'accomplissement de ses desseins. N'élait-elle pas assurée, d'ailleurs, de l'impunité ? L'incendie de la maison Larrieu suivi du vol des bijoux, personne n'avait songé à le lui attribuer ; la mort du mari était considérée comme accidentelle. Jamais le moindre soupcon ne l'avait effleurée. Bien au contraire, il s'était produit autour d'elle des manifestations de sympathie qui lui prouvaient la faveur apitoyée de l'opinion publique et écartaient d'elle toute idée de crime et même tout propos malveillant.
Son imagination pervertie concut bientôt l'idée d'un nouveau crime.
La GRanp' Mère. — Elle avait à Casseneuil une grand'mère, Catherine Mariol, âgée et infirme. Une assurance faite en son nom pouvait être dès lors très avantageuse, et son mari était à peine refroidi dans son cercueil qu'elle préparait les siens à la réalisation d'une pareille opération, ne reculant pas même devant un parricide.
Dans: une lettre du 17 novembre 1902, eile raconte à sa belle-sœur, Albanie Laurent, les derniers moments de son mari, et elle lui écrit: « De 11 heures à minuit, étant au pied de son lit, il me prit la main, m'embrassa et me dit: « Ma petile femme chérie, que ferais-tu si je « venais à mourir ?.. Comme pour vivre il faut des rentes, et que les « ltiennes ne sont pas suffisantes pour te permettre de mener la vie que « tu mènes ici, écris à M. Delherm, prends de suite une assurance de « 50 000 francs au nom de la grand'mere, à ton profit, et comme elle « n'a pas trop bonne santé, sûrement, avant deux ans, tu seras hors de « la misère. »
M. Delherm, consulté, répondit que cette assurance n'était pas possible. La mort de la grand'mère pouvait cependant fournir quelques ressources à l’accusée. Lors de son mariage, en effet, Dupont père s'était engagé à verser à sa fille, deux ans après le décès de Catherine Mariol, une somme de 10000 francs.
Faire courir le plus tôt possible ce délai de deux ans, puis obtenir de son père un paiement anticipé, tel fut l'objectif de la dame Galtié.
Un mois à peine s'était écoulé depuis le décès de son mari, Île 23 décembre; elle écrit de Casseneuil à sa servante, la femme Douillet, et la charge de demander au vétérinaire Salesses une ordonnance
destinée à lui procurer de l'arsenic, car à Casseneuil, comme à Saint- Clar, il y a des rats, dit-elle, dans la maison. Salesses refuse l'ordonnance ; elle tente malgré tout de s'en faire délivrer, et envoie sa mère chez le pharmacien de Casseneuil, qui remet à celle-ci une certaine quantité d'acide arsénieux en poudre. A partir de ce moment, on voit la jeune femme s'installer au chevet de sa grand'mère, lui prodiguer ses soins, lui préparer et lui servir elle-même des aliments et des potions qui, au lieu de calmer ses souffrances, ne font que les aggraver.
Catherine Mariol meurt le 11 janvier 1903. L'autopsie et l'analyse chimique des viseères a permis aux hommes de l’art d'affirmer qu'elle aussi, comme Galton Galtié, était morte empoisonnée par l'arsenic.
L'accusée retira de cette mort un faible avantage pécuniaire. Son père lui donna 1 000 franes et une petite maison d'une valeur de 3 500 francs, à valoir sur les 10 000 francs que, par contrat de mariage, il s'était engagé à payer. Ce paiement anticipé n'avait dans l'esprit de Dupont père d’autre but que de décider sa fille à quitter Saint-Clar, où rien ne la retenait désormais, pour venir habiter Casseneuil dans la maison donnée.
C'était ne pas connaître l’aceusée ; elle ne pouvait abandonner ainsi l'existence agréable qu'elle menait à Saint-Clar, où elle paraissait entourée de quelque considération ; à Casseneuil, au contraire, elle aurait été obligée de vivre modestement près de sa famille, qu’elle méprisait profondément.
Elle n'avait pas, d’ailleurs, achevé son œuvre et atteint son but. La fortune qu'il lui fallait à tout prix, elle ne l'avait pas encore, et elle ne pouvait consentir à s'en passer.
Le FRÈRE. — C'est de son frère maintenant qu'elle attend la réalisation de son rêve et de ses espérances. L'attachement qu'il a pour elle, l'influence qu'elle exerce sur son esprit, lui donnent la certitude qu'il ne résistera pas à ses demandes, quelles qu'elles soient. Dès le mois de mars 1903, elle lui parle d'une assurance à contracter. Comme il ne peut en comprendre l'utilité et que, d'ailleurs, il est dans l'impossibilité de payer les primes, elle lui promet qu'il n'aura à se préoccuper de rien. Elle remplira les formalités nécessaires et paiera les primes. Gaston Dupont y consent et, le 20 juin 1903, il signe la police définitive ; elle porte que, au cas de décès, une somme de 50000 franes sera versée entre les mains de sa sœur, la dame Galtié, née Rachel Dupont; la prime trimestrielle était de 317 francs.
Pas plus que son frère, l’accusée n'était en situation de payer trimestriellement une somme aussi élevée. Elle n'avait plus que les 600 francs de rente résultant de son contrat de mariage et payables 50 franes par mois. Le surplus de sa dot avait été dissipé ou avait servi en 1898 à l'installation du jeune ménage. Aussi, elle était bien résolue à ne payer
qu'un trimestre et, par conséquent, à réaliser le bénéfice de l'assurance avant le 15 septembre. Elle avait donc très peu de temps devant elle pour exécuter son projet; comme on va le voir, elle sut le mettre à profit.
Gaston Dupont était convoqué, à la fin de juillet, à Toulouse, pour accomplir une période d'instruction militaire en qualité d’aide-pharmacien. Elle l'invite avec insistance à demander une permission pour venir passer un ou deux jours avec elle à Saint-Clar. Il arrive le 4 août, à » heures du soir, il devait repartir le lendemain à 3 heures. À son arrivée, il était bien portant ; il dine avec sa sœur, déjeune le lendemain matin d'un bol de café au lait, mais, immédiatement après le repas de midi, il est pris de vomissements qui continuent jusqu'à son départ. Malgré l'insistance de sa Sœur, qui voulait le garder jusqu'au lendemain, 1l part le 5 août dans la soirée. Après un voyage des plus pénibles, il est, à Toulouse, admis d'urgence à l'hôpital, où il est soigné pour un érythème jiodique, c'est-à-dire une éruption de vésicules localisée au bas-ventre.
Il paraissait à peu près rétabli lorsqu'il fut libéré. Sur l'invitation pressante de sa sœur, il revint à Saint-Clar le 27 août. Comme il paraissait fatigué, elle lui servit elle-même un bol de lait; à midi, il se mit à table mais, vers la moitié du repas, il fut de nouveau pris de vomissements ; son état empira à ce point qu'il fut obligé de s'aliter et, qu'après d'horribles souffrances, il mourut le dimanche 29 août, à 9 heures du soir.
Comme pour Gaston Galtié, le médecin appelé à donner ses soins ne sut reconnaitre ni les causes ni le caractère de la maladie.
C'est encore avec l'acide arsénieux que ce troisième crime a été commis.
Les médecins experts ont trouvé dans les viscères de la victime deux grammes d'arsenic. La dame Galtié s'en était procuré depuis peu de temps et à quatre reprises différentes. Le 11 juillet et le 12 août, la femme Escriba, sa servante, munie d'une ordonnance du vétérinaire Salesses, était allée, au nom de sa maitresse, prendre de l’arsenic à la pharmacie Rouède. Quelques jours plus tard, le 25 août, la femme Escriba est de nouveau chargée de se faire délivrer une troisième ordonnance par Salesses, qui la refuse parce qu'on le prie de doubler la dose; l'accusée va elle-même à la pharmacie Rouède; elle y revient le dimanche matin 30 août, alors que son frère agonise, et prend un nouveau paquet, qui n'a pas été retrouvé intact, mais auquel il avait été fait un faible emprunt, la mort étant survenue le même jour.
Tels sont les odieux crimes reprochés à la dame Galtié et dont elle à à rendre compte devant la Cour d'assises.
L'information l'a, en outre, obligée à se reconnaitre l'auteur de la
soustraction d'un cachet en cristal commise le 16 décembre 1900 au préjudice de la même M Larrieu ; d’un petit collier en or que, le 14 juillet 1903, elle a enlevé adroitement au cou de l'enfant de celle-ci, d'un autre petit collier en or avec médaille, que portait la fillette des époux Héral, et, enfin, d’un écrin d’argenterie Christofle dont ces derniers ont constaté la disparition en juin 1903.
Ces délits comme ces crimes ont eu la cupidité pour mobile, car parmi les objets volés, la plupart ont été vendus par Rachel Dupont pour se procurer de l'argent.
RÉSUMÉ DES ACCUSATIONS. — En conséquence, la nommée Dupont (Rachel) est accusée d'avoir :
1° Depuis moins de dix ans et notamment le 18 décembre 1900, à Saint-Clar, volontairement mis le feu à une maison appartenant à la dame Larrieu, mère ;
2° Dans les mêmes circonstances de temps et de lieu, soustrait frauduleusement une certaine quantité de bijoux au préjudice de M%° Larrieu, belle-fille de la précédente ;
Crime et délit connexes ;
3° Depuis moins de dix ans, et notamment dans le courant de l'année 1902, à Saint-Clar, attenté à la vie de Gaston Galtié, son mari, par l'effet de substances pouvant donner la mort et qui l'ont effectivement donnée ;
4° À Casseneuil, depuis moins de dix ans, et notamment dans le courant du mois de janvier 1903, attenté à la vie de Catherine Mariol, sa grand'mère, par l'effet de substances pouvant donner la mort et qui l'ont effectivement donnée ;
»° A Saint-Clar, depuis moins de dix ans, et notamment dans le courant du mois d'août 1903, attenté à la vie de Gaston Dupont, sonfrère, par l'effet de substances pouvant donner la mort et qui l'ont effectivement donnée ;
Crimes prévus et punis, ete.
IT. Rapport sur l'état mental de Rachel DUPONT, veuve GALTIÉ.
Nous soussignés, D' D. Anglade, médecin en chef de l’asile d’aliénés de Château-Picon, à Bordeaux; D' A. Pitres, professeur de clinique médicale et doyen de la Faculté de Bordeaux; D' E. Régis, chargé du cours des maladies mentales à la Faculté de médecine de Bordeaux, commis par ordonnance de M. Edmond Danssos, juge d'instruction du tribunal de Lectoure, en date du 18 mars 1904, à l'effet de procéder à l'examen de l’état mental de Rachel Dupont, veuve Galtié, accusée d'empoisonnements et de vols, et de déclarer si l'étude du sujet, ses
écrits et correspondances et les faits relevés dans l'information peuvent permettre de conclure à l'irresponsabilité dans les actes criminels qui font l'objet de l'information dirigée contre elle, et dans quelle mesure: sil n'en résulte pas, au contraire, que sa responsabilité est entière : après avoir prêté serment, lu toutes les pièces du dossier et longuement examiné l'inculpée à la prison de Bordeaux, avons exposé les résultats de notre mission dans le présent rapport, que nous diviserons pour la commodité et la clarté de l'étude en quatre parties :
1° Antécédents de famille et personnels ;
2 État actuel, physique et mental ;
3° Les actes et les écrits ;
4° Résumé des faits et conclusions.