‹ Dégénérescence sarcomateuse des fibromes de l'ovaireChapitre 18 sur 27 · PAST IR · texte numérisé non relu

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Il ya deux ans, la malade éprouva quelques coliques et retrouva sa tumeur plus volumineuse qu’autrefois, mais celle-ci ne la gênait nullement et lui permit de travailler jusqu’en janvier 1881.

À partir de ce moment, la malade ressentit dans le ventre des douleurs très fortes, allant quelquefois jusqu'à amener la perte de connaissance ; elle s’affaibiit, maigrit, cependant eile travailla encore un peu jusqu’en mars 1881. A partir de ce moment la malade ressentit dans le ventre des douleurs très fortes. allant quelquefois jusqu’à amener la perte de connaissance.

Elle s’affaiblit, maigrit, cependant elle travailla encore un peu jusqu'en mars. Alors le ventre augmenta de volume, de l’ædème survint aux membres inférieurs, la marche fut impossible.

La malade entra à l'hôpital Laënnec dans le service de

M. Legroux, remplacé alors par M. Homolle: vers le 10 mai

on lui fit une ponction qui évacua 15 litres de liquide citrin, transparent, fluide.

A la suite de cette ponction, elle eut des douleurs dans le ventre, des nausées, tellement que lorsque je la vis avec mon collègue, nous dûmes remettre à plus tard l'examen.

Au bout de quelques jours, les douleurs avaient disparu, l’ascite s'était en partie reproduite.

Nous pûmes constater l'existence d'une tumeur très dure, mobile, ballottant dans la cavité abdominale, dans le sens transversal et le sens vertical.

L'utérus était petit, mobile, le col sain ; la tumeur paraissait indépendante de lui. Mais il était difficile de dire s’il s'agissait d’une tumeur de l’ovaire ou d’une tumeur fibreuse adhérente par un pédicule à la surface de l'utérus. Il y avait à remarquer

le petit volume de l'utérus, l’absence de métrorragies et la mé-

nopause remontant à huit ans.

Malgré l’état de faiblesse de la malade, je pensai qu’il y avait lieu d'intervenir et d'enlever cette tumeur mobile.

Le 8 juillet, je procédai à l’opération avec le concours de mes collègues. MM. Lucas-Championnière, Berger et Bouilly. Après avoir incisé la peau et l'aponévrose, de l’ombilic au pubis, je fis une ouverture au péritoine pour laisser écouler le liquide de l’ascite, puis j’agrandis l'inçision faite au péritoine.

La tumeur sortit assez facilement par l’ouverture pratiquée, c'était une tumeur de l'ovaire gauche. Le pédicule était long, aplati, large de deux doigts ; je passai à sa partie moyenne un fort cordonnet de soie de Chine plié en deux, et je fis deux nœuds, en entrecroisant les fils suivant le précepte de M. Terrier. Le pédicule fut abandonné dans le ventre ; puis je plaça; sur la paroi abdominale onze points de suture, avec des fils d'argent. <

Pansement de Lister. La malade n'eut pas de fièvre, la température ne dépassa pas 38° 5 ; quelques douleurs dans le ventre le soir de l'opération.

Le 10, l’etat est excellent; la malade commence à manger.

Le 11, j'enlève la moitié des points de suture ; les autres sont enlevés le 13, c’est-à-dire aujourd’hui.

Ja malade parait en voie de guérison.

La tumeur, du poids dè 1.700 grammes, présente quelques petits kystes situés près du pédicule ; mais la plus grande partie de la masse est constituée par une tumeur fibreuse, homogène, plus dure, présentant au centre ainsi qu’en certains points de sa surface un commencement de dégénérescence sarcomateuse.

D’après l'examen microscopique, ce serait un fibro-sarcome avec prédominance de l’élément fibreux.

OBsErvaTIoN [IV (douteuse)

M. le docteur Bouilly, chirurgien des hôpitaux. (Congrès français de chirurgie, 1897.)

Tumeurs solides des ovaires.

Il s’agit d'une malade opérée en juin 1897, et qui était atteinte

SR

de deux tumeurs solides des ovaires, d'apparence fibromateuse, et histologiquement classées par M. Pichevin dans les fibro-sarcomes. Les conditions de guérison paraissaient excellentes ; il n'y avait pas trace d’ascite, l’ablation semblait aussi complète que possible. La guérison opératoire fut en effet facile. Mais deux mois après, le petit bassin était rempli de tumeurs récidivantes. et actuellement la malade est mourante, six mois à peine après l'interwention.

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