‹ Dégénérescence sarcomateuse des fibromes de l'ovaireChapitre 9 sur 27 · M LES · texte numérisé non relu

M LES

La douleur présente des caractères variables dans le fibrome. Phénomène important du début de l'affection dans quelques rares observations, elle ne tarde pas à s’atténuer et à disparaitre, ou bien elle persiste, soit seule, soil concurremment, avec d'autres symptômes. Quelquefois absente au début, elle s'installe dans la suite et peut revêtir alors une acuité particulière. Elle siège dans la fosse iliaque, du côlé intéressé par la tumeur, ou dans tout l’hypogastre, avec irradiations aux lombes, aux membres inférieurs, au périnée. Elle s’exagère par l'effort, au moment des règles ; elle semble déterminée par des adhérences, par l'enclavement de la tumeur dans le pelit bassin. Cependant, dans une observation, la tumeur était complètement libre et nageait dans le liquide ascitique ; elle détermina des crises de douleurs violentes, bien que son pédicule ne se füt point tordu.

Du reste, elle est inconstante.

Dans le fibro-myome en voie de dégénérescence, elle ‘ne s’observe, ni avec plus d'intensité, ni avec plus de fré-

quence.

Troubles menstruels. — Ts ne revêtent pas de caractères bien nets dans les tumeurs fibreuses.

Dartigues ayant cherché à établir leur fréquence et leur type, est arrivé aux résultats suivants.

Sur 21 cas réunis, il observa :

7 cas sans troubles menstruels ;

7 cas avec troubles hémorragiques, soit à l’occasion,

soit en dehors des règles ;

7 cas avec suppression menstruelle.

Etudiant ces mêmes troubles dans les tumeurs sarcomateuses, il arrive encore à cette conclusion qu'il y a des sarcomes avec menstruation normale, avec troubles hémorragiques ou avec suppression des règles.

« L'absence de modifications du côté des règles est cependant une rareté, dit-il, et ce qu'on observe le plus. souvent, c’est la métrorragie ou l’aménorrhée (1). »

Les troubles menstruels n'ont pas un caractère plus net

dans les fibromes en voie de dégénérescence.

Dans une de nos observations, nous trouvons un cas de métrorragie très abondante, d’une durée de trois mois, ayant précédé l'apparition de l’ascite et de la cachexie (Obs. Il). Bourjoin (2) cite le cas d’un sarcome malin dont l'apparition fut précédée d’une métrorragie extrèmement abondante. On peut, peut-être, rapprocher ces deux observations. Dans d’autres cas, les règles sont supprimées ; dans d’autres cas, les règles demeurent absolument normales.

Que conclure, alors ?

Que les troubles menstruels n'ont pas une allure spéciale dans la lumeur que nous étudions, que là, comme dans les autres Lypes de tumeurs solides de l'ovaire, l’on peut observer des métrorragies, des suppressions de règles, ou des règles normales. Peut-être pourrait-on penser, mais

(1) Dartigues. Revue gynécol. et chirurg. abdom., 1899. (2) Bourgoin. Thèse, Paris, 1894.

9h, EE

sans l’affirmer en aucune mesure, qu'une grosse métrorragie survenant au cours de l'évolution d’un fibrome de l'ovaire est suspecte et un peu inquiétante.

Du reste, comme l’a dit M. Picqué : « Quelle valeur convient-il d'attribuer à ces symptômes? Est-on autorisé à admettre une corrélalion avec le développement de la tumeur qui aurait agi comme une cause incilatrice de la fonclion menstruelle, selon la théorie admise par quelques auteurs ? Pour accepter cette hypothèse, il faudrait au préalable connaître l’état de la muqueuse utérine, et savoir s’il n'existe pas d’endométrite concomitante. Tant que l’on ne possédera pas cette donnée importante, il me semble impossible de formuler rien de précis sur ce point de la question, et, touten admettantcomme possible une relation de cause à effet, je crois que l'on est tout aussi autorisé à n’y voir qu une coïncidence. »

L'ascite a été très discutée dans les fibro myomes.

in parlant de Ia symptomatologie des tumeurs fibreuses de l'ovaire, M. le professeur Pozzi écrit : « C'est souvent l’ascite qui attire tout d'abord l'attention ; lorsque ce symptûme manque, la tumeur peut rester inaperçue, ou n'être découverte que par hasard (1). » |

Dartigues admet l’ascite dans le fibrome, mais non comme un symplôme obligatoire ni initial, bien qu'elle y soit, dit-il, quelquefois très abondante et récidivante.

Cornil et Picqué ont une opinion toute contraire. Cornil écrit dans le Journal des connaissances médicales de 1893

« que l’apparition d’'ascite est un caractère qui différencie

(1) Pozzi. Traité de gynécologte.

le sarcome du fibrome dans lequel on n'observe Jamais d’ascile ».

Nous avons réuni seize cas de fibro-myomes, et nous avons constaté que l'ascite y existe neuf fois, et que sept fois elle en est absente. D'autre part, elle était en si minime quantité dans la tumeur en voie de dégénérescence mali- ‘gne de l'observation VIT qu'elle n'avait pas pu être diagnostiquée. Elle existe dans le cas de M. Jayle, très abondante el récidivante, elle existe dans l'observation de M. Quénu (Obs. D), où l’on peut dire que la tumeur est à la limite de la dégénérescence, mais elle n'existe pas dans l’observation V, où il y a pourtant un commencement manifeste de dégénérescence sarcomaleuse.

Nous devons encore conclure : que même l'ascile ne peut être un signe précoce de la dégénérescence sarcomateuse.

Nous disons: un signe précoce. Car, nous (rouvons l’ascite à la période terminale des lumeurs dégénérées (Obs. VIIT), comme du reste on la trouve presque toujours à une période avancée des fibro-myomes.

Son abondance est variable. Tantôt elle est si minime qu'elle ne permel pas le diagnostic clinique (Obs. VID), tantôt elle est considérable et nécessite des ponetions répétées, car elle se reproduit très rapidement, Dans le cas de M. Quénu, elle se reproduisit au bout de vingt-quatre heures. Dans ces conditions elle devient un sérieux obstacle à la respiration : par la compression de la masse intestinale qui refoule le diaphragme, elle peut amener des phénomènes de dyspnée intense. L'épanchement est d'aspect citrin ; quelquefois, on l’a vu coloré par le sang (Obs. VIT).

Les ædèmes n'accompagnent généralement pas les tu-

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