‹ Dégénérescence, Volume 1Chapitre 57 sur 60 · Fr. Paulhan, Le nouveau mysticisme · texte numérisé non relu

Fr. Paulhan, Le nouveau mysticisme

2. Legrain, op. cit., p. 175. « Le besoin fatal chez ces faibles d'esprit ».

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giques, et, sans aucun prétexte de modernité, sans aucune concession à Thonnête science, ils reviennent directement aux plus antiques traditions. Papus (pseudonyme du D' Encausse) écrit un Traité méthodique de science occulte, énorme volume grand in-octavo de 1050 pages avec AOO figures, qui introduit le lecteur dans la kabbale^ la magie, la nécromancie et la chiromancie, Tastrologie, Talchimie, etc., et auquel un vieil érudit non sans mérite^ Adolphe Franck, de Tlnstitut, a eu l'imprudence de joindre une longue préface élogieuse, probablement sans avoir même ouvert le livre. Stanislas de Guaita, que les adeptes révèrent craintivement comme le maître par excellence en matière d'art magique et comme archi-sorcier, donne deux traités, Au seuil du Mystère et Le Serpent de la Genèse, d'une profondeur obscure auprès de laquelle Nicolas Flamel, le grand alchimiste que nul mortel n'a jamais compris, parait clair et transparent comme le cristal. Ernest Bosc se limite à la doctrine de la sorcellerie des anciens Égyptiens. Son livre : Isis dévoilée ou rÉgyptologie sacrée, a pour sous-titre : « Hiéroglyphes,, papyrus, livres hermétiques, religion, mythes, symboles,, psychologie, philosophie, morale, art sacré, mystères,; initiation, musique ». Nehor a également sa spécialité. De même que Bosc dévoile les mystères égyptiens, Nehor révèle les mystères assyrio-babyloniens. Les Mages et le Secret magique, tel est le titre de la mqdeste brochure dans laquelle il nous initie aux sorcelleries les plus profondes des mobeds ou templiers chaldéens.

Si je ne m'étends pas davantage sur ces livres, qui ont trouvé des lecteurs et des admirateurs, c'est que je ne suis

pas convaincu de leur sérieux. Leurs auteurs lisent et traduisent si couramment des textes égyptiens, hébreux et assyriens qu'aucun orientaliste de profession n'a encore déchiffrés, ils citent si fréquemment et si ampl livres qui ne se trouvent dans aucune biblic monde, ils donnent avec une mine si intrépide d tions minutieuses pour éveiller les morts, mi jeunesse éternelle, entrer en rapport avec les hi Sirius, prophétiser par delà toutes les limites d d'espace, qu'on ne peut se défendre de l'impreî ont voulu se moquer de sang-froid du lecteur. Un seul de tous ces maîtres-sorciers est assi bonne foi, et comme il est en même temps de b plus considérable parmi eux au point de vue ii je veux m'occuper un peu à fond de lui. I M. Joséphin Péladan. Il s'est attribué lui-mêi royal assyrien de « sar », sous lequel il est géi connu ; les pouvoirs publics seuls ne le lui do mais ceux-ci ne reconnaissent en France aucune Il affirme descendre des anciens mages et posséi legs intellectuels de Zoroastre, de Pythagore et Il est en outre l'héritier direct des templiers e croix et a fondu ensemble les deux ordres, i revivre sous la forme nouvelle d' « ordre d( Croix ». Il s'habille archaïquement d'un pourpoi bleu ou noir; il assujettit sa chevelure et sa b< merveilleusement abondantes aux formes en i les Assyriens ; il emploie une grande écriture dr lant à s'y méprendre celle du moyen âge, écri rence avec de l'encre rouge ou jaune, et dans l'ai

lettres est dessinée, comme marque distinctive gnité, une couronne royale assyrienne avec les Déments serpentins ouverts par devant. Il a comme ) symbole de son ordre : sur un écu divisé de

d'argent, un calice d'or surmonté d'une rose

à deux ailes éployées et chargée d'une croix B sable. L'écu est couronné d'un diadème avec Qtagrammes en guise de pointes. M. Péladan a oute une série de commandeurs et de dignitaires 9rdre (grands-prieurs, archontes, esthètes), qui ?n outre des postulants et grammairiens ou élèves, le un costume particulier de grand-maître et de :andre Séon a fait ainsi son portrait en pied), et ositeur faisant partie de l'ordre a composé à son le fanfare qui doit être jouée à son entrée, dans QStances solennelles. Il se sert de formules extrais. Il qualifie ses lettres de « mandements ». Il es personnes auxquelles il les adresse, ou « magni- , ou « pairs », à l'occasion aussi « très cher » ou « synnoède ». Il ne leur dit pas : Monsieur, [)tre Seigneurie. Le début porte : « Salut, lumière e en Jésus-Christ, le seul Dieu, et en Pierre, le », ou : « Ad Rosam par Crucem, ad Crucem im, in eâ, in eis gemmatus resurgam ». C'est

temps la devise de l'ordre de la Rose-Croix. On ellement à la fin : « Amen. Non nobis, Domine, s, sed nominis tui gloriw solde ». Il écrit le nom rdre avec une croix intercalée dans le milieu, de n : Rose f Croix. Il qualifie ses romans d' « étholi-même d' « éthopoète », ses drames de « wagné-

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