ACTE II, SCÈNE III
D E ï D A M I A , à ses sœurs.
Mes sœurs, n'oubliez pas, avec vos jeunes ans, Qu'un piège sûr est là, caché sous leurs présents. Imitons bien Achille et son âme hautaine, Et ces marchands de ruse en seront pour leur peine !
Bas à Achille.
Toi, mon maître ! Obéis enfin.
AC H I L L E , bas à Deïdamia.
Mais tu le vois, Je suis très-doux.
DEÏDAMIA, bas à Achille.
Oui, comme un louveteau des bois !
ACHILLE , bas à Deïdamia. — Avec un sourire.
O femme !
DEÏDAMIA, bas à Achille.
Hector n'est pas ici, ni son armée.
ACHILLE, bas à Deïdamia.
Hector ! — Plût aux Dieux qu'il y fût, ma bien-aimée !
Les Princesses se rapprochent d'Ulysse, qui détaille et leur montre avec complaisance les présents étalés sur la table.
ULYSSE , aux Princesses.
Voici des thyrses chers à Bacchos, jeune dieu,
Des joyaux où.reluic la chrysolite en feu, Des tambourins légers, des quenouilles fleuries, Des peaux de daim où l'or éclate en broderies, —
A Lycomède, en lui montrant les armes étalées à côté des Joyaux.
Et ces armes pour toi, d'un curieux travail, Où l'airain et l'écain sont rehaussés d'émail. Car, même vieux, on a l'âme encore occupée De tout ce qui charma la jeunesse.
Tandis que les Princesses admiraient les présents offerts par Ulysse, Achille est resté indifférent et distrait. Mais au moment où le roi d'Ithaque montre à Lycomède les belles armes qu'il a apportées, il relève la tête, puis tout à coup voyant parmi les armes brillerla lame d'une épée nue, il la saisit et s'en empare avec un cri de joie.
ACHILLE, saisissant l'épée.
Une épée !
ULYSSE, bas à Diomède.
Vois comme il a saisi l'épée!
DIOMÈDE, à Ulysse.
Et dans sa voix Entends-tu la fureur du héros ?
ULYSSE, à Diomède.
Cette fois, C'est lui !
DEIDAMIA, rapidement à ses sœurs.
Thoé! Zeuxo ! Perséis ! A mon aide]