‹ DeïdamiaChapitre 32 sur 49 · ACTE II, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE III

Vice pour dérouter Ulysse et Diomède, Imitez la fureur qui dans ses yeux éclot !

Effrayées de l'imprudence du héros, les Princesses sont restées un moment interdites. Mais elles surmontent vite leur émotion, et averties par Deïdamia, elles s'empressent d'imiter l'une après l'autre le transport, le cri et le mouvement furieux d'Achille,

DIOMÈDE, à Ulysse.

Il est pris !

ACHILLE, toujours en proie à sa rêverie guerrière, et contemplant l'épée.

Une épée !

P E R S É I S , prenant un arc.

Un arc!

THOE , prenant un javelot.

Un javelot !

DEÏDAMIA, prenant un casque et le posant sur sa tète.

Un casque !

Saisissant un bouclier, dont elle se couvre.

Un bouclier brillant d'or !

ZEUXO, prenant une lance.

Une lance !

Aux champs où le cruel Ares hurle et s'élance, Toi, casque, ton cimier fait planer la terreur !

$ô DEIDAMIA.

Toi, bouclier, ton choc arrête la fureur De l'assaillant !

THOE.

Ainsi qu'une grenade mûre, Dur javelot, tu mords et tu rougis l'armure!

PERSEIS.

Grand arc, tu fais au loin voler des traits épars !

ZEUXO.

Lance, tu fais tomber les guerriers de leurs chars, Et la main du héros par toi n'est pas trompée.

ACHILLE, entraîné malgré lui par la fascination de l'épée.

Et toi, sainte compagne, épée, 6 chère épée, —

DEÏDAMIA, bas à Achille.

Tais-toi.

Haut.

Mais à quoi bon rêver? Mes jeunes sœurs, Nous, qui du chaste hymen goûterons les douceurs, Laissons l'airain cruel aux amazones Scythes. Pour soulever ce poids elles sont trop petites, Nos mains que peut rougir le vent aérien !

U L Y S S E , bas à Diomèdc, avec dépit.

Diomède^ il est dit que nous ne saurons rien.

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