‹ DeïdamiaChapitre 4 sur 49 · ACTE I, SCENE I · texte numérisé non relu

ACTE I, SCENE I

Mon enfant ne s'est pas éveillé : le voici A Scyros, où déjà son renom le précède, Et devant la maison du vieux roi Lycomède, Cachée en ces jardins où le laurier fleurit.

A ce moment, Achil'e s'éveille, et levé à demi, sans être vu de Thétis et des Néréides, écoute les paroles de sa mère, avec curiosité d1abord, puis avec une impatience indignée. — Thétis continue :

Or, voici quel projet est né dans mon esprit.

Lycomède, privé d'une épouse qu'il pleure,

A des filles, orgueil charmant de sa demeure.

Je veux que mon Achille, à cette heure endormi,

Caché sous les habits d'une vierge parmi

Ces princesses, grandisse et vive au milieu d'elles.

Cependant vous serez à mon secret fidèles ;

Ainsi j'éviterai les embûches du sort.

Que plus tard, affrontant les Kères de la mort,

Suivant Ares tueur de guerriers, dans la plaine,

Il tombe pour venger la querelle d'Hélène,

Ayant d'un rouge sang teint l'affreux Simoïs !

Il pourra de la sorte, étant mon divin fils,

Destructeur d'Ilios, périr l'âme ravie :

Car j'entends protéger sa gloire, et non sa vie.

Q'on me le prenne alors! mais jusque-là je veux

Cacher mon fils, mon cher Achille aux beauxxheveux,

Et savourer du moins ce bonheur éphémère

De protéger sa chère enfance!

A ce moment, Achille s'avance impétueusement et interrompt sa mère.

ACHILLE

Eh ! quoi, ma mère!

Dis-tu cela !

Sur un signe de Thétis, les Néréides entrent dans la grotte et disparaissent.

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