‹ DeïdamiaChapitre 46 sur 49 · G DE I DAM I A · texte numérisé non relu

G DE I DAM I A

ACHILLE

Ma mère, donc l'encens blanchie les purs autels,

Me l'a dit : seul parmi tous les hommes mortels

Qui servent de jouet aux Parques obstinées,

J'ai le droit de choisir entre deux destinées.

Oui, si je vais à Troie, où le deuil effrayant

S'apprête, je mourrai tout jeune, mais ayant

Fait de nombreux travaux ; jusqu'à l'heure dernière,

Conducteur de chevaux à la blonde crinière,

Ayant pris et conquis de mon bras souverain

De l'argent et de Por et des trépieds d'airain.

Je mourrai, comme il sied à des Rois que nous sommes,

Faisant voler mon nom sur les bouches des hommes,

Et n'ayant plus en moi rien à purifier;

Car cette Hélène à qui je veux sacrifier

La vie, avec raison tant chérie et vancée,

Ce sont les Dieux, et c'est la patrie insultée !

Et mon renom splendide et pur de tout affront

Servira de parure éternelle à ton front ;

Les chanteurs, dont le cœur répugne aux choses viles,

Chanteront mes combats merveilleux dans les villes;

Et quand tu passeras, la fierté sur le front

Et l'orgueil dans les yeux, les laboureurs diront

En promenant le soc dans la terre fertile :

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