G DE I DAM I A
ACHILLE
Ma mère, donc l'encens blanchie les purs autels,
Me l'a dit : seul parmi tous les hommes mortels
Qui servent de jouet aux Parques obstinées,
J'ai le droit de choisir entre deux destinées.
Oui, si je vais à Troie, où le deuil effrayant
S'apprête, je mourrai tout jeune, mais ayant
Fait de nombreux travaux ; jusqu'à l'heure dernière,
Conducteur de chevaux à la blonde crinière,
Ayant pris et conquis de mon bras souverain
De l'argent et de Por et des trépieds d'airain.
Je mourrai, comme il sied à des Rois que nous sommes,
Faisant voler mon nom sur les bouches des hommes,
Et n'ayant plus en moi rien à purifier;
Car cette Hélène à qui je veux sacrifier
La vie, avec raison tant chérie et vancée,
Ce sont les Dieux, et c'est la patrie insultée !
Et mon renom splendide et pur de tout affront
Servira de parure éternelle à ton front ;
Les chanteurs, dont le cœur répugne aux choses viles,
Chanteront mes combats merveilleux dans les villes;
Et quand tu passeras, la fierté sur le front
Et l'orgueil dans les yeux, les laboureurs diront
En promenant le soc dans la terre fertile :