‹ Delacroix, huit reproductions facsimilé en couleursChapitre 3 sur 9 · APOLLON VAINQUEUR DU SERPENT PYTHON · texte numérisé non relu

APOLLON VAINQUEUR DU SERPENT PYTHON

" Le Dieu, monté sur son char, a déjà lancé une partie de ses traits; Diane, sa sœur, volant à sa suite, lui présente son carquois. Déjà percé par les flèches du dieu de la chaleur et de la vie, le monstre sanglant se tord en exhalant, dans une vapeur enflammée, les restes de sa vie et de sa rage impuissante. Les eaux du déluge commencent à tarir, et déposent sur les sommets des montagnes ou entraînent avec elles les cadavres des hommes et des animaux. Les dieux se sont indignés de voir la terre abandonnée à des monstres difformes, produits impurs du limon. Ils se sont armés comme Apollon; Minerve, Mercure, s'élancent pour les exterminer en attendant que la sagesse éternelle repeuple la solitude de

l'Univers. Hercule les écrase de sa massue ; Vulcain, le dieu du fer, chasse devant lui la nuit et les vapeurs impures, tandis que Borée et les Zéphyrs sèchent les eaux de leur souffle et achèvent de dissiper les nuages. Les nymphes des fleuves et des rivières ont retrouvé leur Ht de roseaux et leur urne encore souillée par la fange et par les débris. Des divinités plus timides contemplent à l'écart le combat des dieux et des éléments.

Cependant, du haut des cieux, la Victoire descend pour couronner Apollon vainqueur, et Iris, la messagère des dieux, déploie dans les airs son écharpe, symbole du triomphe de la lumière sur les ténèbres et sur la révolte des eaux."

Du reste, il y a de Delacroix une œuvre écrite importante, des articles publiés dans la Revue de Paris, la Revue

des Deux Mondes, dans le Moniteur Universel, sur Raphaël, Michel-Ange, Puget, Poussin, Prudhon, Gros, Charlet, sur la question du beau, sur l'enseignement du dessin, sa correspondance et enfin son journal. Et comme l'a dit Maurice Tourneux à la fin de son étude sur Delacroix : '* En fermant un livre de cette nature, le lecteur se demande toujours si l'auteur n'a bien réellement tenu la plume que pour lui-même, ou s'il a songé que d'autres le parcourreraient à leur tour. Ces deux préoccupations sont sensibles dans le journal de Delacroix. Au début, il prend l'engagement de ne montrer ses idées à personne; plus tard, et à mesure qu'il sentit s'accroître sa facilité d'écrire et ses facultés d'analyser, il mêla aux incidents quotidiens des réflexions générales, les résumés des propos qu'il avait tenus et

qui l'avaient frappé, le brouillon ou la copie des lettres auxquelles il attachait plus d'importance, et certainement, dans sa pensée, le journal n'était plus destiné à lui seul, ainsi qu'il en convenait un jour devant Mme Riesener. C'est affaire au lecteur de déterminer sa préférence pour Tune ou l'autre de ces deux manières. Pour ma part, j'y trouve une égale séduction, car si les premières notes m'apprennent une foule de particularités, dont ma curiosité fait son profit, les pages plus travaillées où Delacroix expose ses opinions sur la prétendue perfectibilité humaine, sur la vanité du progrès, sur la science contre laquelle il témoigne d'une partialité excessive, amère, et injuste, sur le besoin incessant de nouveauté qui tourmente les plus ignorants comme les plus lettrés, sur Rubens, sur l'amour, sur

la gloire, sur les ravissements et les mélancolies que lui cause chaque année son retour de Champrosay, etc., assignent au journal une place d'honneur dans la bibliothèque des délicats."

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