E L E V T A II
fille, et pressentant sans doute la terrible chute qui allait suivre ce pompeux tableau du pouvoir d'Ali.
— Pourquoi donc faut-il enfin, ma mère, qu'un Lapes, qu'un brigand, qu'un radja, pour voir ton fils et mon frère écrasé de honte, n'ait qu'à lui dire : Ali... souviens-toi de Kardiki ! — ajouta Kaïnitza d'une voix éclatante.
A peine eut-elle prononcé ces mots, que les traits de Khamco devinrent livides, ses yeux égarés brillèrent d'un éclat infernal; puis, passant ses mains amaigries sur son front, comme si elle se fut éveillée d'un songe horrible, elle les ferma par un mouvement de rage convulsive; et cachant ses yeux sous ses poings crispés, elle poussa un long gémissement en se roulant sur le divan.
Kaïnitza frémit , craignant que cette violente commotion ne causât la mort de sa mère déjà si affaiblie; mais la vivacité même des terribles souvenirs qui se soulevèrent dans l'esprit de Khamco mourante, lui donnant une force factice et fébrile, elle s'écria dans sa fureur :
« Je voulais mourir ! et j'oubliais ma vengeance !... mais... je veux vivre... vivre pour me venger; vivre pour voir incendier la dernière maison de cette ville infâme... vivre pour
voir périr son dernier habitant dans les plus effroyables tortures... Oui, oui, il faut que je vive... puisque mon iils, malgré sa puissance, ne peut encore me venger, dit-il; puisque la dernière heure de toute cette exécrable population n'est pas encore venue... Je veux vivre pour attendre celte heure ; je veux vivre jusqu'au jonr où mon terrible lion de Tebelen aura vengé sa mère... Où est le liektadji ? Tous ses philtres sanglants, qu'il les prépare à l'instant, et d'autres encore, et sans pitié... sans pitié... car il faut que je vive! !
Tout à coup, Kaïnitza tressaillit et prêta l'oreille... — lu bruit lointain de trompettes se fit entendre... D'un saut elle fut à la fenêtre; et, entrouvrant le rideau, elle s'écria:
« Ma mère ! ma mère !... c'est Ali...
— Mon tils ! ah ! je n'ai plus besoin du philtre... .le vais vii ro ' •• s'écria Khamco avec une exaltation impossible à rendre...
« Ma mère! oh! ma mère!... » Tels furent les seuls mots que put prononcer Ali , au milieu de ses sanglots, en embrassant les genoux de Khamco, dont les traits, de plus en plus décomposés par les approches de la mort, annonçaient une fin prochaine.
Kaïnitza, le regard ardent et fixe, ne pleurait pas, mais elle contemplait son frère avec une sorte de joie sauvage.
Les premières ardeurs de cette entrevue apaisées, Khamco, prenant de ses deux mains affaiblies la tète d'Ali, agenouillé à ses pieds, la souleva jusqu'à elle, et examinant d'un œil inquiet et maternel cette belle physionomie exprimant alors la douleur la plus touchante et la plus profonde, — Khamco s'écria un moment radieuse : « Toujours le plus beau ! le plus brave d'entre tous !... »j Puis, comme si une horrible pensée lui fût tout à coup venue à l'esprit , elle ajouta d'un air égaré : u Je
meurs... je meurs... et Kardiki n'est pas eu cendres... et le dernier des Kardikiotes n'a pas rendu son âme exécrable au milieu des tortures... Sois donc maudit, maudit... Ali de Tebelen.
— Mon frère... elle délire... malheur à nous... elle va mourir! — s'écria Kaïnitza en se jetant à genoux et couvrant de baisers désespérés la main déjà humide et glacée de Khamco.
— Ma mère... ma mère... c'est moi, votre fils... c'est Ali... qui vient pour vous venger! »
Et la voix du vizir était si douloureusement, si tendrement émue, qu'elle parut faire vibrer une dernière corde dans le cœur de la mourante.
Alors Khamco, se dressant sur son séant, resla un moment immobile comme si elle eût voulu rappeler ses souvenirs; puis, après un dernier effort, elle dit d'une voix d'abord calme et grave, mais qui prit bientôt un caractère croissant d'exaltation :
« Ali, mon fils... c'est vous... je vous reconnais... c'est bien... vous aussi, Kaïnitza... c'est bien... mon esprit est calme maintenant : écoutez ces paroles, les dernières (pie mes enfants chéris doivent entendre de leur mère...
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Puisse la forer ne pas me manquer avant d'avoir tout dit à cette heure suprême ; Ali... je dois vous apprendre ce qui cause ma mort... ce qui depuis longtemps... bien longtemps a usé ma vie.
— Vous ne mourrez pas ma mère ! — dirent à la fois Ali et Kaïnitza.
— Je vais mourir, mourir d'une mort précoce... précoce comme cette chevelure blanche qui couvre ma tête avant l'heure... Mais qui a fait ainsi blanchir mes cheveux? Mais qui. me fait ainsi mourir? Le désespoir... un épouvantable souvenir qui, m'accablant chaque jour, a usé peu à peu toute la force de la vaillante mère du lion de Tebelen , — dit Khamco avec un dernier rayonnement d'orgueil.
— Malheur à moi ! car c'est moi qui ai voulu évoquer ce souvenir affreux , pour vous forcer à vouloir vivre afin de jouir des fruits de votre vengeance, ma mère! — dit Kaïnitza. — Mais ce philtre... ce philtre î Chaque minute de retard est peut-être un pas vers la tombe. Je vais chercher le Bektadji?
— Ilestez ! — dit khamco avec un accent impérieux ; — j'ai revu mon fils... et voir Ali de Tebelen, c'est assister à ma vengeance,...
c'est voir l'arme infaillible qui doit bientôt immoler mes victimes.
— Qui les immolera, ma mère... par vos cheveux blanchis... par votre mortel désespoir... Je le jure! oh ! je le jure !... mais l'heure de la vengeance?... Hélas, je l'ignore encore. Pour l'assurer... il faut attendre!
— Qu'importe l'heure, pourvu qu'elle sonne funèbre et sanglante! et d'ailleurs — ajouta khamco avec un sourire farouche, chaque jour cette exécrable population ne s'augmentet— elle pas ? Le nombre des victimes ne s'accroîtil pas ainsi à chaque génération "?... Oh! Eblis... Eblis ] ! fais que toutes les mères soient fécondes! Fais que le bonheur et la prospérité de ce peuple lui fasse rêver l'âge d'or! fais que la nature le comble de ses dons... Fais que les liens les plus chers, les plus précieux l'attachent étroitement à la vie... fais que chaque jour il s'écrie : Gloire à loi, destinée!... ma félicité esl encore plus radieuse aujourd'hui qu'elle ne l'était hier!... Et puis, le jour venu, qu'il entende toul à coup Ion rugissement terrible, et qu'il soit ta proie... lion de Tehelen!...
— Et vous assisterez à ce sanglant sacrifice,
' l,e ilciiioii.
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ô ma mère! >j reprit Ali , en remarquant avec terreur que le regard de Khamco s'égarait de nouveau.
En effet, elle parut bientôt en proie au délire précurseur de la mort ; mais , par un singulier phénomène, cette dernière surexcitation de l'agonie vint pour ainsi dire réfléchir dans l'imagination expirante de la mère du vizir le tableau fidèle du passé. Puissante réaction des sentiments qui avaient dominé toute la vie de Khamco et qui reportait encore une fois sa pensée vers un temps à la fois si glorieux et si effroyable pour elle !
Ce fut donc avec le triste et monotone accent d'une myriologie albanaise ', et comme si elle eut dit ce chant funèbre pour sa propre tombe, qu'à voix basse et souvent entrecoupée par une sorte de modulation plaintive , Khamco , dont les paroles furent souvent incohérentes, comme l'élucubralion d'une sombre folie, exhala un dernier cri d'orgueil et d'amour maternel, un dernier cri de haine et de vengeance! Fatales révélations qu'Ali et Kaïnitza n'osèrent interrompre, et qu'ils écoutèrent avec un recueillement douloureux.
1 Chanta funèbres destinés à raconter la vie de cpux qui ne sont plus.
ii La veuve de Vely-Bcy est morte ! — dit khamco, — morte est la veuve de Yely-Iiey !... lu vautour noir l à la tète pelée est venu se percher sur le cyprès de sa blanche tombe, et le bec sanglant , les yeux ardents, il a dit à la morte à travers la dalle : — Est-ce par le poison , est-ce par un philtre magique que ton mari est aussi trépassé? — Alors Khamco, la vaillante fille du bey de Konitza, entendant la voix du vautour, est devenue, quoique morte, encore plus pâle... plus pâle sous sa pierre sépulcrale, et elle a répondu à l'oiseau funèbre : — Gharon 2 a emporté Yely-Bey dans sa pelisse rouge, comme il m'a emportée aussi et m'a mise ici... dans la terre. Vely-Bey de sa voix sépulcrale a dû dire à Charon, si c'est par le poison, si c'est par un philtre magique qu'il est mort... va le demander à Charon... moi, je ne peux pas te le dire, car ici, les bras croisés, sous la terre humide et sous mon dais de marbre, je ne fais
1 Celte fable des oiseatn parlants se trouve très-fréquemment dans les chants populaires de la Grèce moderne. Exemples :
a Du haut des montagnes à triplé Cime Un épervier a parlé , etc. * i Chanson nuptiale, I\u T.iEi.).
a Un petit oiseau est soili du milieu de Valtos ; nuit ni jour il va , nuit et jour il dit : Mon Dieu , où trouverai-jc les Klcphtcs de Georgo-
Tli is. ilil., Chants populaires de la Grèce moderne, t. II, p. :>.'>•>
et •':*»' ; Faurikl.)
? La mort. — Superstition grecque.
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que pleurer avec des larmes glacées le bel Ali mon fils, la belle Kaïnilza ma fille, que j'ai laissés là-baut... tandis qu'autrefois, sous le ciel riant et sous mon dais de soie, je les caressais si tendrement !... »
Puis la malheureuse mère, se parlant à ellemême, reprit en secouant sa tète blanchie avec une expression de tendresse désespérée qui fil éclater en sanglols Ali et sa sœur :
« Oh! oui, autrefois... fière et heureuse mère, vous étiez Khamco de vos deux enfants? Oh ! fière et heureuse, lorsqu'avec eux, toujours en course, vous méprisiez l'amour des hommes. En vain les Armatoles disaient : « Pour une femme il est doux de voir à ses pieds des capitaines quitter le sabre... le sabre qui tue pour la lyre qui chante... Il est doux à une femme de pouvoir dire aux capitaines : — A la montagne, courez! A la plaine, courez ! A la mer, courez! et rapporlez-moi des dépouilles. — Il est doux pour une femme d'entendre le bruit des armes des capitaines qui courent en criant : Je vais... je vais ! et qui reviennent en disant : « Sultane, voici les gras troupeaux des pâtres de la plaine ; voici les tissus éclatants, les riches colliers des marchands sur mer; voici les sabres sanglants et les mousquets fumants dv^
klephtes do la montagne , car ce ne sont pas des klephtes à troupeaux et qui fuient en abandonnant leurs dépouilles ; mais des klephtes à sabres et à mousquets qui ne donnent leurs armes qu'en mourant... » Inutiles hommages ! khamco, l'heureuse, l'orgueilleuse mère , répondait à ces capitaines : « Il est plus doux encore pour moi de garder tout mon cœur, toute mon àme pour mon fils... Vos voix sont belles et guerrières ; mais il est plus doux pour moi d'écouter une voix mystérieuse, une voix grande comme le bruit de la tempête... grande comme les éclats de la foudre... grande comme les mugissements de la mer... qui , en songe ou en veille, me dit toujours : — Ton fils, Ali de Tc~ belen, sera vizir. Et les cieux, et le soleil, et les étoiles sont à mes yeux comme le corps de cette grande voix; car le ciel dans ses nuages, le soleil dans ses rayons , les étoiles dans leur scintillement, écrivaient encore ce que disait la voix : — Ton fils, Ali île Te bclen \> sera vizir.
— Sa mort approche... elle délire, — dit Ali avec accablement, en voyant une sueur froide ruisseler sur le front de sa mère.
— Ma mère... écou(cz-nous... reconnaissez" nous, s'écria kainilza en étreignant Khamco entre ses bras avec désespoir ; niais celle-ci,
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l'œil brillant, toujours en proie au paroxysme de la fièvre, et usant les restes de sa vie dans ce terrible accès , continua sans paraître s'apercevoir de la présence de ses enfants :
« Et un jour, tous les capitaines des Annatoles de la Toscaria sont venus... sont venus dire à Khamco, lorsqu'elle vivait encore, la pâle veuve de Yely-Bey : Tu es vaillante, lu méprises notre amour, mais tu n'es pas à un autre amour... Comme la neige des Haliacmonts est glacée pour tous, ton cœur est glacé pour nous : aussi, fille de Konitza, nous voulons être les défenseurs de toi et du bel Ali ton fils et de la belle Kaïnitza ta fille ! Alors le cœur de Khamco a bondi d'orgueil, alors elle a remercié les capitaines , et elle leur a dit en prenant ses armes : — Marchons! !... car le bey de Kardiki, ses Lapés et ses Klepbtes ont hier pillé notre phares et massacré ses habitants !
— Ma mère... ma mère! » s'écria le vizir avec terreur, en voyant que l'égarement de la raison de Khamco la ramenait à ce terrible épisode dont le souvenir devait la jeter dans une mortelle fureur.
Mais elle continua d'une voix saccadée, en accompagnant son récit de gestes brusques et convulsifs :
u Oh! ce fut une belle nuit... une belle nuit sombre que la nuit qui suivit la défaite des kardikiotes ! Tout le jour durant , on avait combattu, et le soir encore combattu... Kbamco la guerrière et son fils le lionceau étaient fatigués du massacre ;... les Kardikiotes avaient fui, tous fui. Les capitaines et leurs Armatolcs voulurent se reposer dans un défilé... dans nu noir déiilé , les soldats avaient étendu sur les rocbers nus leur képé... et ils s'y étaient endormis... Kbamco avait bien froid pour ses enfants, elle avait aussi froid qu'elle a froid maintenant dans la tombe. Pauvres enfants (pie la nuit glaçait, eux tout le jour brûlés par la cbaleur ardente du soleil et du combat!... Il faisait donc bien noir... On n'entendait pas de bruit , aucun bruit... que le vent qui se plaignait dans les rameaux des cytises... Kbamco, assise au creux d'un roeber, prit dans ses bras d'un côté sa fille , de l'autre son fils, et les pressa bien fort contre sa poitrine ; elle baisait leurs cheveux, comme si ses baisers eussent pu leur tenir chaud,., el puis elle les enveloppait des pans de son képé, et elle les réchauffait encore de son baleine; mais, malgré cette victoire sur les Kardikiotes, elle était malheur reuse connue une mère dont les enfants ont
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froid... Enfin.,, ilss'étaient, eux aussi, endormis, la mère voulait les veiller ; mais la fatigue la surprit, l'indolente! l'infâme! la maudite ! La fatigue la surprit, et elle ferma les yeux.... Tout à coup elle se réveilla et vit ses deux enfants prisonniers... Elle voulut se jeter sur eux... mais elle ne s'était pas aperçue qu'elle aussi était prisonnière... Les lâches Kardikiotes qui d'abord avaient fui... oh ! qui avaient tous fui... après s'étaient cachés dans le défilé, et quand ils avaient vu les braves Armatoles endormis... ils s'en étaient approchés en rampant comme desjakals, et avaient tué beaucoup d' Armatoles pendant leur sommeil , et pris les autres par traîtrise, comme ils prirent Khamco et ses deux enfants... Alors, alors ! — s'écria la mère du vizir avec un calme effrayant et d'une voix lugubre, mais de plus en plus faible et voilée... pendant qu'Ali et sa sœur, agenouillés, les mains jointes, suivaient avec terreur les signes de mort qui se manifestaient déjà sur son visage ; — Alors, — continua Khamco , — la mère et la fille, la jeune vierge de Tebelen... et la veuve de Vely-Bey, l'orgueilleuse femme qui ne croyait pas l'amour des hommes digne d'elle... la lillc du bey de Konitza , à qui la grande voix inconnue avait dit que son iils Ali serait vizir...
LE SERMENT. ->4o
la femme qui pouvait lire encore ces mots dans les astres... cette femme fut, elle et sa fille, enchaînées dans une salle de la maison du bey de Kardiki. Celte maison resta ouverte à tous, à tous... Ivlephles , Radjas et Lapés... et chaque jour, Klcphtes, Radjas ou Lapés venaient outrager... déshonorer... celte veuve et sa fille encore enfant... Sa fille ! ! Et puis la veuve , sa fille et son fils , chassés de Kardiki comme de vils Bohémiens, revinrent à Tebelen... »
A cet affreux souvenir, par un suprême instinct de pudeur cl de honte, le visage livide et décomposé de Khamco se colora un instant d'une imperceptible rougeur... Puis, s' affaiblissant de plus en plus, elle continua de parler d'une voix mourante et entrecoupée.
« Oh! la pauvre mère! la pauvre mère!... qui saura jamais sa honte, et sa torture... et sa rage, elle jusqu'alors si hère... et d'elle et de sa tille, parce qu'elles étaient la mère cl la sœur d'Ali?.... Oh! comme chaque jour, chaque heure, elle a dévoré sa haine et maudit sa fureur impuissante .. que le sang des Radjas qu'elle sacrifiait à la grande voix ne pouvait éteindre... Et alors il a neigé sur les cheveux de Khamco, et elle a senti son cœur se glacer peu à peu... et puis elle a voulu revoir ses en-
i'ants , et puis elle esl morte... Elle est morte ! et maintenant que Khamco est morte... qui la vengera des kardikiotes?... ce sera toi, mox fils... Ali de tebelex! — s'écria Khamco d'une voix éclatante , en revenant à elle et en se dressant de toute sa hauteur par un dernier effort convulsif , comme si cette lueur de force et de raison lui lut revenue après ce long égarement pour exprimer encore une fois les deux sentiments qui avaient toujours dominé sa vie, — l'amour maternel ci la vengeance ! ! !
— Et elle retomba morte sur le divan.
— Ma mère! — dirent spontanément Ali et Kaïnitza , avec un accent qu'il est impossible de rendre, — ma mère ! vous serez vengée ! ! !