‹ DelieChapitre 131 sur 363 · Serafino (éd. 1548, fol. 187 r · texte numérisé non relu

Serafino (éd. 1548, fol. 187 r

Fiango la mia perduta libertade E'1 dolce tempo che già possedia, Piango che per mirar tanta beltade Son fatto servo, e posto in pregioniu.

[Si]

Je vy aux raiz des yeulx de ma Déesse Une clarté esblouissamment plaine Des esperitz d'Amour, & de liesse, Qui me rendit ma fiance certaine De la trouver humainement haultaine :

Tant abondoit en faveur, & en grâce, Que toute chose, ou qu'elle dye, ou face, Cent mille espoirs y sont encor compris.

Et par ainsi, voyant si doulce face, Ou moins craingnoys, là plus tost je fus pris.

i. Pour l'emblème, cf. Angeriano, Erotopaegnion, fol. 14 v° :

Quam bene tu mecum, volucris dukissima, vivis!

Sat Julce ejusdem sortis habere pares.

Tu, fixo in ramis visco decepta fuisti :

Decepta & visco praeda ego, praeda fui.

dizains cv-cvu 79

J'attens ma paix du repos de la nuict, Nuict réfrigère a toute aspre tristesse : Mais s'absconsant le Soleil, qui me nuyt, Noyé avec soy ce peu de ma liesse.

Car lors jectant ses cornes la Déesse, Qui du bas Ciel esclere la nuict brune, [52]

Renaist soubdain en moy celle aultre Lune ' Luisante au centre, ou l'Ame a son séjour2, Qui, m'excitant a ma peine commune, Me fait la nuict estre un pénible jour.

Fortune forte a mes vceutz tant contraire 5 Oste moy tost du mylieu des Humains.

Je ne te puis a mes faveurs attraire : Car ta Dame à ma roue entre ses mains.

Et toy, Amour, qui en as tué maintz :

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