Amours de Meline, éd. Augé-Chiquet, p
5. « La Poésie Françoise avant nous foible & languissante (je excepte toujours Heroet, Sceve & Saint-Gelais)... » Odes de Ronsard, éd. Blanchemain, II, 11 ; éd. Laumonier, I, 46.
Délie. c
XXXIV INTRODUCTION
de ce qu'elle a de trop constant dans l'effort métaphysique. Voici comment il s'exprime dans le Bocage de 1554 ' :
...Tousjours il ne fault pas Que le bon menestrier acorde Tousjours un chant sus une corde, Et qui voudra bien plaire, il faut Ne chanter pas tousjours le haut.
La donques, ma petite lyre, Sonne, & laisse à la France dire Cela que dire elle voudra :
L'homme grave qui ne prendra Plaisir en si basse folie, Aille fueilleter la Délie 2.
Scéve fut donc, pour Ronsard et ses amis, l'astrologue qui ne regarde jamais à ses pieds ' ; leurs tendances naturalistes les éloignaient de ce rêveur mystique qui ne cherchait dans le ré 1 que le symbole de l'Idée. Ils sentirent d'abord tout le méri'.c
1. Bibl. Nat. Rés. p Y' 124, fol. 31 v°. Voir la pièce intitulée Le Fourmy, pièce citée par I.aumonier, Ronsard poète lyrique, p. 152-153.
2. Ronsard, par tempérament, répugna évidemment aux spéculations mystiques. Il a écrit sur Léon Hébreu, l'auteur des fameux Dialogues d'Amours, des vers qui prouvent son peu de sympathie pour le platonisme (éd. Blanchemain, I, 419):
Léon Hebrieu, qui donne aux dames cognoissance D'un amour fabuleux, la mesme fiction ; Faux, trompeur, mensonger, plein de fraude & d'astuce. Je croy qu'en luy coupant la peau de son prépuce, On luy coupa le cœur & toute affection., .