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DIZAINS CCCXXXIX-CCCXL

A celle fin, que la persévérance Tousjours me poulse a si heureux deduytz, Comme elle sçait, qu'en fidèle asseurance, Celant mon feu, a bon Port le conduys.

Avoir le jour nostre Occident passé1,

Cédant icy a la nuict ténébreuse,

Du triste esprit plus, que du corps lassé,

Me sembla veoir celle tant rigoureuse

Monstrer sa face envers moy amoureuse,

Et en tout acte, oultre l'espoir privé. [156]

Mais le matin (trop hastif) m'a privé De telz plaisirs, ausquelz, comme vent vistes, J'estoys par vous, traistres yeulx, arrivé, Qui cloz mon bien, & ouvertz mon mal vytes2.

CCCXXXIX. —8. deduitz

1. Cf. Délie, diz. 555. — Voici encore un des lieux communs de l'époque. Voir Chariteo (éd. Pèrcopo, II, 17); Serafino (éd. Menghini, p, 98, son. lx) :

Quella che suol da nie lontana starse È qui venuta in sogno a consolanni, Anzi a più foco et a più doglia darrni... Che l'impio sol che si veloce apparse Invido del mio ben volse svegliarmi, E quando in lei piacer credea pigliarmi Io strinsi el vento, e lei col sonno sparse. Helisenne, Angoisses, fol. ij r°: «O faschée femme du vieil Titon, qui

te meult d'estre si prompte d'exiter le bel A polio a illuminer la terre ? ...

O fascheusequete nuysoitle singulier plaisir que le gracieux dormir me

prestoit, qui me faisoit croire estre vray, que par le veiller m'est exibé

contraire? »

2. Ces derniers vers sont empruntés â une pièce de la Fleur de Poésie francoyse, parue en 1542 (Sij'ay du bien (bêlas) c'est par mensonge...) :

O pauvres yeulx ou estes vous reduictz ? Cloi vous voyez lotit ce qui vous contente, Et descouverti ne voye^ rien qu'ennuit^. Cette pièce est attribuée à Saint-Gelays(éd. Blanchcmain, I, /07).

Quasi moins vraye alors je l'apperçoy, Que la pensée a mes yeulx la présente, Si plaisamment ainsi je me deçoy, Comme si elle estoit au vray présente : Bien que par foys aulcunement je sente Estre tout vain ce, que j'ay apperceu.

Ce neantmoins pour le bien jà receu, Je quiers la fin du songe, & le poursuis, Me contentant d'estre par moy deceu, Pour non m'oster du plaisir, ou je suis5.

Quand quelquesfoys d'elle a elle me plaings2, Et que son tort je luy fais recongnoistre, De ses yeulx clers d'honneste courroux plains Sortant rosée en pluye vient a croistre>.

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