CXXXIV. — lo. Qu'après CXXXV. — 4. noua
1. Voir dansNiphus ce que les Platoniciens d'alors appellent l'amour intentionnel (Lyon, 1549, p. 103 sqq.). L'auteur distingue Vamor intellectivus (désir de jouir de la beauté des choses intelligibles) et Vamor sensitivus. Ce dernier est triple : 1° amor intentionalis, désir de jouir du beau par les sens de la vue et de l'ouïe; 2° amor realis, désir de jouir du beau par tous les sens, mais encore « sine appetitu veneris », et surtout par le goût et le toucher; 3*' cupido « quae non expletur sine usu Veneris.» Mais Niphus ne croit pas que r« amor intentionalis » puisse véritablement exister « absque desiderio Veneris cupidineoque Amore » (p. 105).
2. Luy, c'est sans doute le mari de Délie. Cf. diz. 156 et la n. 2.
3. C'est la suite du diz. 134. Les premiers vers sont traduits d'un sonnet de Vittoria Colonna (Rime de la diva Vettoria Colonna de Pescara inclita Marchesana, 1542, fol. 15 r°) :
Chi puo troncar quel laccio che m'avinse,. Se ragion diè lo stame, amor l'avolse,
DIZAINS CXXXIV-CXXXVl
lOI
Premier le Cœur, & puis TAme ceingnit En noud si doulx, & tant indissolvable, Qu'oultre le bien, qui me tien redevable, J'espereray en seure indamnité, Et preuveray par efFect jà prouvable En Terre nom, au Ciel éternité.
CXXXVI [6s]
L'heur de nostre heur enflambant le désir Unit double ame en un mesme povoir :
L'une mourant vit du doulx desplaisir, Qui l'autre vive à fait mort recevoir i.
Dieu aveuglé tu nous as fait avoir Sans aultrement ensemble consentir, Et posséder, sans nous en repentir, Le bien du mal en efFect désirable :
Fais que puissions aussi long temps sentir Si doulx mourir en vie respirable.