DIZAINS CXC-CXCIII
Qui me rend tout si tristement dolent, Que, nonobstant que mon naturel lent M'argue asses, & me face blasmer.
Pour estre amour un mal si violent, Las je ne puis patiemment aymer.
Fait paresseux en ma longue espérance, Avec le Corps l'Esprit est tant remis.
Que l'un ne sent sa mortelle souffrance, Et Taultre moins congnoit ses ennemys.
Parquoy je ignore, estant d'espoir demis. Si ce mien vivre est vitupère, ou los, [< Mais je scay bien, que pour estre forclos De ta mercy, de mon bien tu me prives : Et par cela tu veulx, que le mal clos Vive en l'obscur de mes tristes Archives.
Quand de ton rond ^ le pur cler se macule. Ta foy tachée alors je me présage :
Quand, pallissant, du blanc il se recule. Je me fais lors de pleurs prochaines sage.