CCCCXXX. — 4. assez — 6. fera
CCCCXXXI. — I. me rendant fort indigne (T) — 6. pouvant
1, Sperone Speroni (1542, fol. 10 r°), suite du passage cité en note au diz. 428 : « Gia è geloso Tinamorato, se inamorato si dee chîamare, chi vive del disio fuor di speraii'^^a. » Scève reproduit ici jusqu'à la construction italienne.
2. Sperone Speroni (1542, fol. 34 r°) : « Similmente considerando le bellezze di membri, aile quali mal rispondono quelle dell' animo, essere à noi piu tosto occasione d'infamia, che d'honoré argomento ; giudica essere ben fatto, che l'amante, da sensi ail' intelletto, & dal présente al futuro rivolto, mesi, & anni viva lontano dalla cosa amata. » Il sera bon -de lire toute la fin du Dialogue d'Amour de Speroni.
DIZAINS CCCCXXXI-CCCCXXXIII 293
CCCCXXXII
Sans aultre bien, qui fut au mal commode. Avec le sens l'humain entendement Ont gouverné mes plaisirs a leur mode, Loing toutesfoys de tout contentement, Qui suffisoit : sans que recentement Je sente. Amour, tes mordentes espinces, Dont de rechef encore s tu me pinces, Mesmes cest An, que le froid AUeman (O Chrestienté !) chassé de ses provinces. Se voit au joug de ce grand Ottomane
CCCCXXXIII [197]
Je m'en esloingne, & souvent m'en absente ^, Non que je soys en si sainct lieu suspect :
CCCCXXXII. — 4. toutesfois — 10. void CCCCXXXIII. - I. eslongne (T)
1. L'histoire de Soliman ne nous présente que deux circonstances qui puissent se rapporter à ce texte ; la première, c'est la prise de la Hongrie par les Turcs après la défaite de Louis II à Mohacz en 15 26 (voir du Verrier, Prosopographie, t. III, p. 2377) ; la seconde se place en 1541 : c'est la seconde campagne de Soliman en Hongrie. Or, en 1526, Scève n'eût pas parlé comme il le fait ici. Il devait être alors un jeune homme ; le langage qu'il tient est au contraire celui d'un homme expérimenté et désabusé, qui se plaint de se voir une fois encore repris dans les liens de l'Amour. L'allusion se rapporte donc à la date de 1541.
2. Ce dizain est la traduction d'un passage du premier dialogue de Speroni sur TAmour (1542, fol. 32 r^) : « Insinoà qui à me pare d'havervi mostrato assai bene, in che guisa l'amante, à voler esser felice, è sfor:(ato à farsi lontano dalla cosa amata : nel cui cospetto abhagliata non osay ne sa operar la ragione : le parole & gli sguardi, Vudire, il toccare, l'ire, le paci, le risa, li riposi sono imperfetti, & quasi d'huom che sogna^ Se (^uello ch'è ad udire maraviglioso) il cuore, & l'anima deU'amante, dianzi fuoco & faville, subitamente neve & ghiaccio suol divenire. a
DELIE
Mais pour autant, que la raison présente S'esblouissant a son plaisant aspect S Ne peult avoir tant soit peu, de respect A modestie, & moins d'elle jouir.
Car mon parler, toucher, veoir, & ouir Sont imparfaictz, comme d'homme qui songe S Et pleure alors, qu'il se deust resjouir 10 D'une si vaine, & plaisante mensonge.
CCCCXXXIV
Ainsi absent la memoyre posée, Et plus tranquille, & apte a concevoir, Par la raison estant interposée.
Comme clarté a l'object, qu'on veult veoir : 5 Rumine en soy, & sans se décevoir
Gouste trop mieulx sa vertu, & sa grâce, Que ne faisoient présentez a sa face Les sentementz de leur joye enyvrez.
Qui maintenant par plus grand'efficace lo Sentent leur bien de leur mal délivrez ^.
CCCCXXXIII. — 4. S'eblouyssant — 6. jouyr — 7. ouyr — 9.resjouyr