SCÈNES MAGIQUES ET LUBRIQUES DE MESMER
« Antoine Mesmer étudia la médecine à Vienne, où il se fit remarquer par ses idées étranges. En 1766,
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pour obtenir le doctorat, il soutint, devant la faculté de cette ville, une thèse intitulée : De l'influence des astres sur le corps humain. On sait que l'astrologie est une branche de la magie.
«Apres avoir divagué sur les propriétés de laimant, qu'il appelait le magnétisme terrestre ou minéra!, il imagina de donner à une opération magique connue sous le nom de maléfice somnifère, et pour la déguiser, le nom de magnétisme animal. H inventa pôur cela un fluide qui n'a jamais existé ; etil obtint quelques guérisons fallacieuses dé maladies diaboliques.
« Les Académies de Vienne et de Berlin, dit le Siècle, auxquelles Mesmer envoya des flacons magnétisés et des programmes, se moquèrent de lui et le traitèrent de visionnaire et de charlatan. Froissé dans son orgueil et ses espérances, Mesmer répondit par des injures; une violente polémique s’entama., à la suite de Jaquelle l'auteur du prétendu magnétisme animal fut forcé de quitter Vienne, où, d’ailleurs, on l’accusait d’avoir abusé d’une fille de 17 ans, aveugle, et qu’il avait gardée chez lui sous préteæte de lui rendre la vue par le maynélisme.
« Ne pouvant plus rester en Allemagne, Mesmer vint à Paris. Cette ville, qui était alors si curieuse de toute espèce de nouveauté, lui parut un théâtre favorable à l'exercice de son industrie. Les Académies des sciences et de médecine le repoussèrent, mais le public accueillit avec enthousiasme la Singularité de sa doctrine, et ses propos d’inspiré lui valurent la faveur d’un monde oisif et frivole.
« Mesmer se logea dans un des heaux hôtels de la place Vendôme et eut bientôt une maison montée. Il y tenait table ouverte.
« Le médecin magnétiseur prétendait guérir toutes les maladies, et particulièrement celles des femmes
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vaporeuses ; ce qu’il demandait surtout, c'étaient des affections graves, invétérées, rebelles au traitement des plus habiles membres de la docte faculté. Il n'exigeait aucun salaire. Ontrouvait place Vendôme de magnifiques salons, des meubles somptueux, de belles peintures, une délicieuse musique, et pour les initiés des petits soupers exquis. Malades et bien portants, tout le monde accourait chez Mesmer comme à une partie de plaisir; les plus grands personnages et les femmes de la plus haute aristocratie ne craignirent pas de les fréquenter. On prétendit que la reine elle-même s’y rendait sous un déguisement.
« Voici ce qui se passait dans ces fameux salons et de quelle manière le magnétiseur opérait, Au milieu de l'appartement aux expériences était un baquet de 4 à 5 pieds de diamètre contenant quelques pouces d'eau, de la limaille de ter, du verre pilé et des bouteilles également remplies d’eau , rangées dans un ordre cabalistique. Un couvercle s'adaptant à ce baquet était percé de trous par lesquels sortaient des tiges de fer coudées. Les malades et les curieux qui venaient se faire magnétiser, s’asseyaient autour du baquet, et chacun saisissait une tige de fer pour l'appliquer sur la partie malade. Souvent il s’établissait derrière ce premier rang un deuxième et un troisième cercle d’individus, qui formaient chaîne par l’enlacement des mains ; c'est-à-dire que la personne de droite appliquait son pouce entre le pouce et l'index de son voisin de gauche et ainsi des autres. On se touchait en méme temps par les genoux et les pieds ; de plus, une longue corde attachée au , couvercle du baquet s’enroulait autour du corps dés malades.
« Pendant que tout le monde s’arrangeait à son aise pour former la chaîne, un concert de clavecins,