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ax L’ignorance de l’économie socialiste où sont les sn. tendues compétences de la Russie soviétique est à ce point à totale qu’ils confondent l’argent, signe de la valeur, instru | ment nécessaire de la circulation sous tous les régimes, avec le capital qui donne naissance à l'exploitation du travail. humain, et croient qu’ils auront réalisé une réforme décisive le jour où ils auront complètement supprimé l'argent. | Aussi leur idée fixe est la naturalisation des salaires, C’està-dire le paiement des salaires en nature. lis ne se rendent pas compte des complications et de la gêne énorme qu’un ri à système apporterait dans la répartition des produits n1 de. la supériorité d’une monnaie divisible et au porteur. Quelle étrange conception du progrès!
#**% Ils ont également perdu de vue que le communisme id ne socialise que les moyens de production et laisse à chacun la propriété de son mobilier personnel. En Russie les mobiliers appartiennent à la collectivité : on en donne et on en retire arbitrairement l’usage aux particuliers, sans aucun { contrôle, d’ailleurs. Aussi, dans quel état sont les pauvres ji meubles quand ils n’ont pas été convertis purement et sim. ï plement en bois de chauffage !.… ie
#*#*# En donnant à la Russie des institutions communistes, les bolcheviks ne pouvaient ignorer qu’ils allaient, par ce seul fait, s’attirer l’animosité des puissances restées en ré-. gime capitaliste. Et comme ils ne pouvaient ignorer davantage qu’au moins dans la période initiale, ils auraient besoin de ces puissances, il devaient observer avec le plus grand soin, à l’égard de leurs ressortissants, les règles du droit international dont nul état ne peut s’affranchir impunément. 5
Nous avons constaté plus haut qu’en dépit de la plus élémentaire prudence ils avaient, bien inutilement, renié les. dettes antérieures de la Russie. Une deuxième faute de la 0 j même nature à été commise par eux lorsqu'ils ont socialisé “A
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les entreprises étrangères, nombreuses et importantes en Russie, sans faire aucune différence entre elles et les exploi- tations appartenant à des Russes.
Les excusera-t-on sur les pressantes nécessités devant les- quelles ils se sont trouvés, par exemple le besoin qu’ils avaient de certaines usines pour fabriquer leur matériel de guerre? Ce serait une mauvaise raison car ils pouvaient essayer de s'entendre avec les propriétaires de ces usines pour leurs fournitures, ou en cas d’impossibilité, en disposer temporairement par voie de réquisition, en laissant intact le droit de leurs possesseurs. De cette façon ils se fussent épargné les graves difficultés avec lesquelles ils sont aux prises aujourd’hui.
Et ce n’est pas seulement par prudence qu’ils auraient dû agir ainsi, c’est par esprit de justice et par une saine con- ception ‘ue véritables principes socialistes qui, à la vérité, ne se trouvent pas dans les textes de Karl Marx : les lois que peut se donner un Etat DOME modifier le régime de la. | propriété ne sont applicables qu’à ses nationaux. Il n’a pas le droit de les imposer à des étrangers qui, sur la foi des lois anciennes ont acquis ou créé des établissements dans le pays. S'il use à leur égard des droits supérieurs d’expro- … priation pour cause d'utilité publique, leur dépossession n’est légitime que contre une juste et préalable indemnité. C’est dans ces conditions que le socialisme doit s'établir. S'il les observe, il doit s’attendre, malgré sa modération, à la malveillance des puissances capitalistes, mais il leur ôte tout prétexte à une agression. S’il les foule aux pieds comme Pont fait les bolcheviks, il s'expose aux plus violentes re- présailles.
__ ### L'absence d’une organisation économique rationnelle . à base communiste, la confusion indicible qui en est résultée dans tous les services ont fini par produire une paralysie générale de la vie économique et c’est sous la menace des | pires événements que le gouvernement soviétique s ’est dé- cidé à prendre, au commencement de 1921, une série de dé- crets dénationalisant ce qui avait été nationalisé et ren- dant la liberté aux entreprises privées. En même temps il adressait de pressants appels et faisait les offres les plus
alléchantes aux groupements capitalistes étrangers pour ‘ie
obtenir leur concours. 4
L'histoire des pourparlers auxquels cette tentative a à de donné lieu et des résultats dont elle a été suivie n’est pas du cadre de cet ouvrage. Constatons seulement qu’à l'inté- …
rieur il a suffi du rétablissement de la liberté des entreprises pour rendre la Russie à la vie économique. Elle est aujourd’hui en pleine renaissance ; le fantôme de la famine
est conjuré, les champs sont cultivés, l’industrie se- réorga- si nise, on répare les maisons et les rues, les produits: circu- :
lent.
En même temps et comme conséquence, le gouvernement des Soviets est à peu près reconnu par les puissances capitalistes ; ses relations diplomatiques avec elles tendent à devenir normales. Il commence à traiter avec des groupements
industriels et financiers pour l’exploitation de leurs anciens
établissements et de concessions nouvelles.
Comment se développera et se dénouera cette étrange situation? Il est bien difficile de le prévoir. L’appui du capi-
tal étranger ne paraît pas moins dangereux pour le gouvernement bolchevik que son abstention. S'il afflue en Russie,
ainsi qu’on peut le supposer, d’après le courant qui s’établit de plus en plus, ce pays se retrouvera, comme avant la révolution, en plein régime capitaliste, avec de grandes entreprises privées étrangères et de petites entreprises privées nationales. Or, peut-on admettre que ce régime soit compatible avec les institutions soviétiques qui exeluent de tout droit politique les personnes qui emploient des salariés, celles qui vivent sur un revenu ne provenant pas de leur travail et les commerçants privés? :
Dans le conflit permanent qui existera entre le politique et l’économique, qui l’emportera? C’est le secret de l’aveir:
En tout cas, dès à présent, le retour de la Russie à l’ancien régime économique est une arme terrible pour les adversaires du socialisme. Ils constatent que l’application: du communisme avait ruiné ce pays et qu’il a suffi d’en revenir à la liberté de la production et des échanges pour’ dé, remettre dans la: voie de la prospérité. Nous savons que cet
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