‹ Delphes et son oracleChapitre 3 sur 6 · ENS · texte numérisé non relu

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Les cités et les états, aussi bien que les particuliers, venaient interroger Apollon dans toutes les circonstances importantes de la vie privée ou publique, avant de déclarer la guerre, avant de fonder des colonies, d'instituer des cultes ou des cérémonies religieuses nouvelles et, en général, pour tout ce qui concernait le droit sacré. Apollon était très complaisant et ne dédaignait pas de donner son avis sur les questions les plus humbles. Attendait-on un héritage? Songeait-on à entreprendre un voyage ou avait-on reçu une demande de prêt ou une proposition de mariage ? On pouvait se rendre à Delphes sans craindre de voir le dieu se refuser à répondre aux demandes les plus indiscrètes.

Il arriva au moins une fois qu’Apollon rendit un oracle dont nous lui sommes encore reconnaissants : ce fut le jour où Socrate alla lui demander confirmation de la noble mission qu’il devait remplir pour sa perte et pour le plus grand profit de l’humanité.

La renommée de l’oracle dépassait de beaucoup les frontières de de l’hellénisme. Des souverains étrangers comme Crésus, roi de Lydie, des états comme Rome ne dédaignaient pas de le consulter. Même, lorsqu'un incendie détruisit le temple, en 548/7, on vit le pharaon Amasis envoyer Sa souscription pour le reconstruire.

L’oracle cherchait à garder sa réputation par la prudence de ses réponses ambiguës. C'est ainsi que lorsque Crésus l’interrogea avant d'entreprendre la guerre contre Cyrus, le dieu lui répondit qu’il détruirait un grand empire. Crésus comprit selon ses désirs qu’il s'agissait de celui de son ennemi. Malheureusement, ce fut lui qui fut vaincu et l'oracle, qu'il avait comblé des plus riches offrandes n’eut pas à se louer du retentissement de cette tragique aventure où le roi de Lydie laissa son royaume et faillit perdre la vie. Ce retentissement fut tel que nous en avons conservé des souvenirs jusque dans la peinture des vases grecs, si avares pourtant de sujets historiques. Une amphore du Musée du Louvre représente le roi de Lydie monté sur le bûcher qui va le consummer après la prise de Sardes. Cette scène pourrait illuster une fort belle ode du poète Bacchylide que nous a rendue, il n’y a pas bien longtemps, le sol généreux de l'Égypte. Au moment où on mettait le feu au bûcher, nous dit le poète, le roi se plaignit de ce qu'Apollon l'avait abandonné. Alors se produisit un miracle: Zeus fit tomber une pluie qui éteignit le bûcher et Apollon emporta chez les Hyperboréens, le roi qui l’accusait déjà d’ingratitude. Pieuse légende qu'on croirait inventée par le lyrique pour sauver l'honneur d’Apollon si gravement compromis par le malencontreux oracle.

L'oracle et les poètes lyriques avaient de bonnes raisons pour

s'entendre : ils pouvaient se prêter un mutuel appui. En tout cas, Delphes était accueillante pour les lyriques. Ne montrait-on pas, dans le temple, le trône de fer où s’asseyait Pindare lorsqu'il visitait le sanctuaire ?

Le roi Pyrrhus, sur le point de commencer la guerre contre les Romains, avait, semble-t-il, oublié la mésaventure de Crésus. En tout cas, il ne se méfia pas plus que lui lorsque le dieu lui fit, nous assure-t-on, une réponse, qui peut signifier à la fois: “Je dis que tu peux vaincre les Romains” et: “Je dis que les Romains peuvent te vaincre.” Et lorsque l’oracle répondit à Néron que 73 lui porterait malheur, l’empereur comprit qu'il vivrait 73 ans. Quand Néron fut tué beaucoup plus jeune, on expliqua que 73 était l’âge de son compétiteur et successeur Galba!

Heureusement pour l’oracle, on ne lui posait pas toujours de questions aussi embarrassantes et aussi périlleuses pour son prestige. C'étaient souvent de simples conseils qu'on venait lui demander, comme le fit Cicéron qui voulut savoir comment il arriverait au faîte de Ja gloire. Il lui fut répondu: “En prenant pour guide ta propre nature et non l'opinion de la foule.”

Après les guerres médiques, le crédit de l'oracle commença à baïisser. Au moment de l'invasion de Xerxès, il manqua de courage et de patriotisme, il fut défaitiste et crut à la victoire des Perses: il ne se montra guère encourageant pour les états qui le consultèrent au sujet de la résistance. Plus tard, au IV siècle, il favorisera Philippe de Macédoine, comme il avait penché du côté de Sparte, au VIS siècle déjà et pendant la guerre du Péloponèse encore. Il devient un instrument politique aux mains de ceux qui peuvent payer ses services ou lui imposer leur volonté. Les Alcméonides d'Athènes, notamment, en usèrent contre leurs adversaires, les Pisistratides.

Ce qui accroissait l'importance de Delphes, c’est qu'elle était un des deux centres de réunion d’une amphictyonie, d’une confédération de caractère religieux mais qui pouvait, à l’occasion, jouer aussi un rôle politique. L'amphictyonie delphique finit par grouper tous les états grecs depuis l’isthme de Corinthe jusqu’à l’'Olympe; chaque état était représenté par deux délégués ou hiéromnémons, qui se réunissaient deux fois par an, à Anthéla et à Delphes, pour s'occuper des temples, de leurs trésors, de l’organisation des jeux.

Des confédérations de ce genre concouraient puissamment à renfor. cer le sentiment national. Même il est vraisemblable que c'est grâce à l'influence de l’amphictyonie delphique que le nom d’Hellas, d’abord réservé à un. canton de Thessalie, finit par s'étendre à la Grèce toute entière,

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Parmi les jeux dont avait à s'occuper l’amphictyonie, il faut nommer l'une des quatre grandes fêtes nationales panhelléniques, les jeux Pythiques, qui se célébraient à Delphes et contribuaient à augmenter son prestige. Ils avaient lieu tous les quatre ans, la troisième année de chaque olympiade. IIS comportaient des jeux gymniques, des épreuves musicales, des concours dramatiques. On les avait réorganisés en 590, après la première guerre sacrée, qui avait débarrassé Delphes du voisinage gènant de Krissa. Située sur la route qui conduisait du port de Kirrha, sur le golfe de Corinthe, au temple de Delphes (fig. 3), cette cité de Krissa exigeait un droit ue passage des pèlerins. Delphes, qui était tombée sous sa dépendance, fit appel à l’amphictyonie : la guerre fut déclarée à Krissa, qui fut détruite après dix ans de lutte.

Deux autres guerres sacrées, dans le second tiers du IV siècle, délivrèrent Delphes des Phocidiens, qui avaient pillé le trésor du temple, et d’Amphissa, dont les habitants s'étaient permis de cultiver la plaine Sacrée dépendant du sanctuaire delphique.

Un peu plus tard, en 279,.Delphes eut à souffrir de l'invasion gauloise. Les Gaulois, il est vrai, ne saccagèrent pas le temple mais ils -exigèrent tout au moins une forte indemnité, avant de se retirer. En souvenir de la délivrance, dont on attribuait l’honneur à Apollon, on .institua, en 278, une fête nouvelle, celle des Sôtèria.

Au début du premier siècle avant notre ère, le temple fut envahi par les Maides de Thraces qui l’incendièrent, (83 ?). Quelques années avant, en 86, Sylla avait pillé le sanctuaire qui excitait les convoitises . par ses richesses, par ses œuvres d'art. Même lorsque Néron y aura fait enlever 500 statues, Delphes restera encore un des sanctuaires les plus -riches, comme on peut s’en rendre compte par la description qu’en a laissée Pausanias vers la fin du second siècle de notre ère: à cette époque le temple constituait toujours un véritable musée. Les jeux Pythiques n'avaient pas perdu leur importance puisque le richissime Hérode Atticus

faisait construire à ses frais, à Delphes, vers 151, un stade comparable pour les proportions Sinon pour la beauté, à celui dont il avait : également doté Athènes.

Par contre, Constantin et Théodose Il dépouilleront l'enceinte sacrée pour orner leur capitale et Théodose donnera le coup de grâce à l'oracle fameux en proscrivant, en 381, le paganisme et ses cérémonies, puis en fermant Île temple (390), qui fut rasé par son successeur.

L'oracle n'avait pas eu a subir seulement des atteintes matérielles. . Du temps de Cicéron déjà, la: philosophie, l'indifférence religieuse lui * AVéient déjà porté des coups autrement dangereux, EF ce sera sans

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grand succès que des empereurs comme Auguste et Domitien tenteront de relever son prestige en même temps qu'ils restauraient le tempie. Des philosophes comme Plutarque, qui fut prêtre de Delphes entre 105 et 126, n'y réussiront pas. davantage: l’oracle agonisait; les sarcasmes de sceptiques comme Lucien, achevaient de le discréditer. Grâce aux fouilles exécutées par l'École française d'Athènes, nous pouvons aujourd'hui nous faire une idée très exacte d'un sanctuaire qui n'était guère Connu auparavant que par des descriptions comme celle que nous devons à Pausanias, dans le X° livre de sa Périègèsis de la Grèce.

Dès 1861, deux membres de l'École, P. Foucart et Wescher commençaient à fouiller à Delphes avec l’aide pécuniaire de Napoléon IT. Mais l'expulsion du roi Othon obligea bientôt les fouilleurs à interrompre les travaux. Ils furent repris en 1880 par Haussoullier. En 1882, Foucart, devenu directeur de l'École française, demandait à son gouvernement un subside de 100.000 francs nécessaire pour continuer la fouille. En même temps, il concluait un arrangement avec le gouvernement hellénique : trente des maisons du village de Kastri, situé sur l'emplacement de Delphes, pouvaient être expropriées et les Français fouilleraient à Delphes aux mêmes conditions que es Allemands à Olympie ; les trouvailles resteraient la propriété de I: Grèce, exception faite pour les doubles de peu d'importance et les fouilleurs auraient le droit exclusif de publier leurs découvertes, d'en faire exécuter et d'en vendre des moulages.

Malheureusement, survint un changement de ministère qui amena Tricoupis au pouvoir. Tricoupis re consentait à donner l'autorisation de commencer les travaux que si la France abaissait les droits de douane sur les raisins de Corinthe. Disons à la décharge du premier ministre que la Grèce était à ce moment dans ure situation financière des plus difficiles. Lorsque la France eut refusé, Tricoupis, pour se venger, offrit la fouille aux Allemands. Ils déclinèrent la proposition pour ne pas mécontenter les Français. Les Américains crurent alors le moment venu d'offrir leurs services et leurs millions : ils ne furent pas acceptés. Ce n’est qu'en 1891 que le projet de Foucart fut repris : la Chambre française vota un premier crédit de 500.000 francs qui fut ensuite porté à un million. Bien entendu, il y eut de l'opposition : On fait de nous des chercheurs de truffes”, s’écria même au Sénat un marquis grincheux !

“De son côté, le gouvernement grec se chargea de lexpropriation du village de Kastri, qui comptait une centaine de foyers.

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Lorsqu'on voulut commencer les travaux, les naturels de Kastri attaquèrent les ouvriers : il leur aurait été impossible de continuer si o1 ne les avait entouré d’un cordon de soldats, fusil au poing.

La période la plus active de la fouille se place entre les années 1893 et 1900. C'était l’époque où Th. Homolle était directeur de l'École française d'Athènes. Doué d’une prodigieuse activité, le nouveau directeur, persuadé que l’impossible n’est pas français, aurait vouiu publier à lui seul ou presque, toutes ses merveilleuses découvertes. Œuvre titanique, excedant les possibilités humaines, d'autant plus que la fouille de Delphes offrait des problèmes autrement compliqués que celle d'Olympie.

Ce fut, avouons:le, la grande faute d'Homolle de ne pas utiliser davantage l’aide des collaborateurs qü’il aurait pu aisément trouver soit à l’École française soit parmi les savants français.

C'est à cette erreur que nous devons de ne pas posséder encore dans son ensemble, la publication définitive des fouilles.

Jetons d’abord un coup d’œil d'ensemble sur le sanctuaire aujourd’hui complètement déblayé.

Le temple occupe à peu près le milieu d’une vaste enceinte rectangulaire de 130 mètres de large sur 200 de long. Le mur de cette enceinte est en appareil polygonal du VIe siècle ou en appareil isodome du Ve. Il est percé de plusieurs portes. La principale, précédée d’une place dallée bordée de portiques et de boutiques où l’on vendait des objets de piété, est située au bas du côté est. Flle ouvrait sur la voie sacrée qui conduisait au temple. (Fig. 4).

Large de 4 à 5 mètres, la voie sacrée serpente en forme de faucille; elle formait primitivement une succession de vastes paliers dallés. Sous l’Empire, ces emmarchements firent place à un dallage en pente continue.

Après s'être dirigée vers l'ouest, la voie sacrée se coudait brusquement pour monter vers l’est puis grimper en ligne droite vers le temple en face duquel elle débouchait, après avoir contourné l'autel qui le précédait.

C’est le long de cette voie que s’étageaient les principaux édifices. Ils sont trop nombreux pour que nous puissions les passer tous, même sommairement en revue ici. D'ailleurs, beaucoup n’ont pas encore pu être identifiés avec certitude. Nous ne décrirons brièvement que ceux sur lesquels on peut mettre un nom, grâce à la description ce Pausanias ou aux inscriptions dont la fouille a donné un nombre odnsidérable.

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Dés qu'on avait franchi la porte principale, on rencontrait, à droite le taureau de bronze de Corcyre. De ce monument, consacré vers 480, en reconnaissance d’une pêche de thons, extrêmement fructueuse, il ne subsiste plus que la base,

I en est de même des deux monuments qui lui succèdent et se font face, L'un avait été élevé par les Athéniens en souvenir de Marathon et de Miltiade, l’autre par leurs rivaux, les Lacédémoniens, après la victoire de Lysandre à Aegos-Potamos en 405, qui brisa la puissance maritime d'Athènes et mit fin à la guerre du Péloponèse.

De lex-voto de Marathon, il ne subsiste que la base. Les 16 statues de dieux, de héros et de Miltiade exécutées, en partie du moins, par Phidias, ont aujourd’hui disparu.

Quant an monument commémoratif d’Aegos-Potamos, il comprenait 37 statues de dieux, d’amiraux, spartiates ou étrangers, qui avaient collaboré au triomphe de Sparte.

Les rivalités entre cités grecques s’étalaient ici avec orgueil : Athènes et Sparte continuaient à se hraver sous l'œil même des dieux.

De même après la bataille de Leuctres (371), les Arcadiens s'empressèrent d'ériger, en avant du monument d’Aegos-Potamos, des statues qui étaient comme un défi à Sparte, leur ennemie.

À peu près en même temps, les Argiens, dans une méme intention de bravade, faisaient construire, juste à côté du monument de Lysandre, une vaste exèdre demi-circulaire, servant de base aux statues des anciens souverains d’Argos. C'était pour perpétuer le souvenir de l’humiliation infligée aux Spartiates par la fondation de Messène (369).

Déjà, vers 456, Argos avait édifié deux autres monuments; l’un se dressait en face de l’ex-voto d’Aegos-Potamos, l’autre, devant celui des rois d’Argos. L'un portait les statues des Sept Chefs qui participèrent avec Polynice à l’expédition contre Thèbes, l’autre, celles des Épigones, c'est-à-dire de leurs successeurs. D’après Pausanias, ces deux monuments commémoraient la victoire remportée sur Sparte à (Enoé (457), par les Argiens alliés aux Athéniens.

Ces exemples suffiront pour montrer sous son vrai jour le caractère politique de beaucoup d’ex-voto édifiés à Delphes par les cités grecques. En les construisant, elles ne voulaient pas seulement remercier le dieu de Delphes des faveurs qu'il leur avait accordées. L’enceinte d’Apollon était comme un champ clos ou des statues semblaient prolonger les luttes de ceux qui les avaient érigées. C’est d'autant plus remarquable que le dieu refusait de se laisser interroger sur les guerres entre Grecs, préférant prudemment ne pas s'immiscer dans leurs luttes

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constantes : il n'avait rien à y gagner. Il aurait risqué d’y perdre beaucoup.

Si nous continuons à monter vers le temple, nous rencontrons, de part et d'autre de la voie sacrée, de petits édifices qui ont à peu près tous le même plan. Ils affectent la forme de ce que les archéologues appelent le temple #2 antis, d’un temple très simple, de forme rectangulaire, avec deux colonnes seulement à la façade, entre les prolongements des murs latéraux. Ce sont des trésors où les différentes cités conservaient leurs offrandes les plus précieuses. Ils ne sont pas particuliers à Delphes : on les retrouve dans tous les grands sanctuaires, comme ceux d'Olympie ou de Délos, par exemple. © Nous ne pouvons les décrire tous. Nous nous contenterons de dire un mot des plus intéressants, de ceux qui ont pu être identifiés.

L'un des premiers que lon rencontre est celui de Sicyone. Il n'en reste que les Substructions, à gauche de la voie Sacrée, un peu après ies monuments argiens. Lorsqu'on le construisit, vers la fin du VIS siècle, on utilisa dans les fondations, les restes d’un trésor plus ancien ét notamment des métopes sculptées. L'une d’elles nous montre Europe se retenant des deux mains au cou du taureau divin qui l'emporte d’une course rapide. Une autre, égyptienne de perspective mais non d’esprit, représente les Dioscures et Idas revenant d’Arcadie (fig. 9) avec les bœufs qu'ils y ont volés. Sur la dernière est figuré le navire des Argonautes portant Orphée et Philammon, qui jouent de la cithare. Le navire était encadré par deux cavaliers vus de face: ce sont encore une fois les Dioscures.

Œuvres d’un artiste péloponésien, ces métopes sont des documents précieux pour l’histoire de la sculpture dorienne, avant le milieu du VIe siècle, dont elles illustrent excellement la sobriété forte et précise.

Pour ne pas les sous-estimer, il faut se souvenir que la sculpture grecque avait à peine trois quarts de siècle d'existence lorsqu'elles furent exécutées et que des arts très vieux n’ont jamais dépassé l'intensité de vie et de mouvement qu'on admire déjà dans ces fleurs, fraîches et naïves, d’un art encore dans l'enfance.

Plus intéressant encore est le trésor des Siphniens, qui fait suite à celui de Sicyone. On en a retrouvé assez des fragments pour en exécuter une restauration complète au Musée de Delphes.

C'est un charmant édicule de style ionique, édifié vers 524 par les habitants de Siphnos ; à cette époque, l’île était riche: elle possédait des mines d’or qui furent inondées par la mer dans la suite.

Les colonnes de la façade sont remplacées ici par des caryatides, ‘lointains prototypes de celles de l'Éréchthéion d'Athènes. Est-ce la pre-

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