‹ Delphine de Sabran, Marquise de CustineChapitre 111 sur 310 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

pour être à Berlin l'agent des manœuvres du Comité autrichien des Tuileries avec Guillaume et Brunswick, pour opérer l'invasion du territoire français et être l'instrument des fourberies diplomatiques à la faveur desquelles on préparait la ruine et la dissolution de l'Empire;

« Qu'il n'a pas instruit la nation de cette coalition du traître Capet avec le despote Guillaume et la maison d'Autriche; qu'il n'a pas dénoncé cette vaste conspiration dont il était nécessairement le confident par la nature même de son emploi ;

« Qu'il paraît même qu'il communiquait aux ennemis de la France des copies de sa correspondance ;

« Que, de retour de Berlin, il a gardé le silence le plus perfide, au moment où Guillaume faisait avancer ses cohortes d'esclaves contre une nation libre ;

« Qu'en agissant ainsi, Custine a exposé la Patrie aux dangers auxquels elle aurait succombé sans l'énergie avec laquelle elle a repoussé les lâches satellites des despotes. »

Fouquier-Tinville reproche ensuite à l'accusé d'avoir été rejoindre son père à Mayence « oii il est devenu le complice de ses trahisons et de ses intelligences criminelles et contre-révolutionnaires avec les ennemis de la République, et qu'il parait même qu'il était chargé des correspondances secrètes de son père avec les orénéraux ennemis ».

On voit avec quelle facilité Fouquier-Tinville remplace les arguments et les preuves, qui lui manquent,

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par des suppositions, qui deviennent immédiatement pour lui des certitudes. Cette formule perfide « il paraît » ouvrait en effet la voie à toutes les accusations, même les plus invraisemblables et les moins justifiées. Pas un acte de Custine, même le plus innocent, qui dans ces conditions ne pût-devenir matière à suspicion.

L'accusateur public continue : « Custine ^"à paraît au mois de janvier 1793 avoir été envoyé à Paris, sans doute pour y observer, et rendre compte à son père de l'exécution du plan de contre-révolution. Il paraît depuis ce moment être resté à Paris pour y être l'agent de son père avec la faction fédéraliste, dont il était un des principaux appuis. »

Fouquier-Tinville arrive enfin à la lettre du 13 juillet; et il s'écrie : « Cette lettre précieuse par les termes dans lesquels elle est conçue, l'est également par sa date, puisque c'est à ce moment que Custine s'occupait avec la plus grande activité de l'exécution du complot qu'il avait formé contre la République, en favorisant et assurant de toutes les manières la prise des villes-frontières par les esclaves des despotes ; il en résulte évidemment que Custine fils était dépositaire des projets liberticides de son père. »

La lecture de l'acte d'accusation terminée, on fit comparaître le seul témoin cité par l'accusateur public; c'était Vincent, qu'on avait extrait de Saint-Lazare, où il était enfermé, pour venir témoigner.

Ln résumé Vincent se borna à déclarer que l'accusé

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