‹ Delphine de Sabran, Marquise de CustineChapitre 117 sur 310 · CHAPITRE XIV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIV

à cette heure dernière : il contemplait d'un œil paisible la foule qui se pressait sur son passage et à la vue de l'échafaud lui-même il ne manifesta aucune émotion.

« Une âme capable de cette fermeté, écrit un contemporain, devait donner un grand exemple de courage au moment où toute la force humaine s'évanouit si souvent. Aussi Custine marcha-t-il au supplice en héros. Le calme de l'innocence brillait sur son front où la nature avait étalé mille grâces ; il reçut la mort sans paraître y songer et son sang coulait sur l'échafaud lorsque le sourire de la candeur semblait encore y briller (i). »

Son attitude fut si fière, si hautaine, qu'elle inspira le respect même à ses bourreaux : Le Glaive vengeur écrit en effet :

« Si le misérable jeune homme hérita des sentiments de trahison de son infâme père, il n'annonça pas du moins en avoir la faiblesse, il est allé au supplice avec fermeté et tranquillité (2). »

(1) Procès fameux jugés depuis la Révolution^ par Desess.-VRTS.

(2) Mémoires sur les prisons, t. I. p. 133 et 135. — Bardoux, Mme de Custine. — Arrh. nat., W"* 306. — Wallon, le Tribunal révolutionnaire .

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