‹ Delphine de Sabran, Marquise de CustineChapitre 130 sur 310 · CHAPITRE XV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XV

Le même jour, on vint faire l'appel des accusés pour les faire comparaître devant le Tribunal ; quand Delphine vit passer devant elle l'amant qu'elle adorait et qu'elle ne devait plus revoir, elle éclata en sanglots et eut une crise affreuse de désespoir; Beauharnais, plein de calme, la consolait et il lui remit, en souvenir de lui, une bague arabe, qui portait un talisman; elle la conserva toute sa vie (1).

Le lendemain, 5 thermidor, les accusés comparurent devant le Tribunal révolutionnaire.

Pour être plus expéditif le Tribunal supprima les interrogatoires, la défense, le serment des jurés, etc. ; il se contenta de s'assurer de l'identité des accusés. Trois furent acquittés et quarante-six condamnés à mort en bloc. Parmi ces derniers se trouvaient Alexandre de Beauharnais « ex-complice des trahisons de Custine », Salm, « ce prince allemand qui, sous le masque du patriotisme, n'était que l'agent caché de la coalition allemande contre la France », Monbazon, « frère de l'infâme cardinal », Champcenetz (2), le rédacteur des Actes des Apôtres^ etc., etc.

Le jour même, les condamnés étaient conduits au supplice.

(i) Voir l'histoire du Tribunal révolutionnaire, par H. Wallon. Paris, Hachette, 1881.

(2) C'est lui qui demandait, en raillant, au président du tribunal, Coffinhal : (( Pardon, président, est-ce ici comme dans la garde nationale? Peut-on se faire remplacer? »

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