CHAPITRE XVII
Janvier-septembre 1795
l>e chevalier Séguier obtient des nouvelles de Delphine et il les transmet à Mme de Sabran. - Projet de réunion entre la mère et la fille. — Elles se rencontrent à Zurich. — Visite à Lavater. — Appréciations d'Elzéar sur les lettres de Beauharnais. — Mme de Custine refuse de rester à l'étranger et veut revenir en France.
Mme de Sabran avait un cousin, le chevalier Maurice Séguier (i), qui, depuis plusieurs années, se trouvait à l'armée de Condé ; malgré la différence d'âge, ils avaient toujours eu beaucoup de sympathie l'un pour l'autre et ils échangeaient de temps à autre des lettres, où ils gémissaient sur le malheur des temps. En 1795 Séguier se trouvait avec ses troupes près de la frontière suisse, et il avait par suite quelques possibilités de recevoir des nouvelles de France ; les Suisses en effet obtenaient assez aisément des passeports, et il leur était facile de pénétrer en France, voire même d'aller jusqu'à Paris; par leur entremise les émigrés pouvaient donc faire
(i) Armand-Louis-Maurice, baron Séguier (1770-1831), fils puîné d'Antoine-Louis Séguier, avocat général au Parlement de Paris II fut reçu aux pages de la Grande Écurie du roi le 24 mars 1783; il entra en 1787 dans les Dragons de Lorraine; il émigra en 1791 avec sa famille, et servit dans l'armée de Condé jusqu'en 1797.