CHAPITRE XXXI
à rendre service, se prêta à ce désir, et elle réunit à dîner René et le duc d'Otrante. Mais si le second arrivait empressé, désireux de plaire, prêta toutes les conicessions, le premier, au contraire, qui n'avait accepté l'invitation qu'à contre-cœur, apportait un air hautain et dédaigneux, qui n'était pas de nature à favoriser les effusions et les confidences.
Ni les efforts de Delphine, ni les frais de Fouché ne purent vaincre la raideur de René; le dîner se passa froidement et l'on se quitta peu après, sans que la réunion eût amené le moindre rapprochement. Chateaubriand, parlant de ce dîner, écrit dans ses Mémoires : « Il ne lui échappa à propos de quoi que ce soit une idée choisie, un aperçu remarquable ; je sortis en haussant les épaules au crime. M. Fouché ne m'a jamais pardonné ma sécheresse et le peu d'effet qu'il produisit sur moi. »
Le duc d'Otrante faisait tout au monde pour se maintenir au pouvoir. Il avait complètement oublié sa conduite pendant la Terreur, et il s'imaginait que les contemporains en avaient, comme lui, perdu le souvenir.
Cependant, il était devenu un autre homme ; il se montrait plein de bonté et de générosité pour tous, en particulier pour ses amis. Sachant que Mme de Custine avait le désir de rejoindre en Allemagne son fils malade, il lui apporta lui-même un passeport, et il mit sa bourse à sa complète disposition.
Le mariage de Fouché avec Mlle de Castellane parut