‹ Delphine de Sabran, Marquise de CustineChapitre 257 sur 310 · CHAPITRE XXXI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXI

un instant consolider sa situation. Louis XVIII signa au contrat.

Mais le ministre de la Police avait une ennemie implacable dans la duchesse d'Angoulême; de plus le parti royaliste 'qui, tant que le danger avait duré, l'avait considéré comme l'homme indispensable, comme le sauveur, ne trouvait plus pour lui que les épithètes les plus injurieuses, et demandait à grands cris le renvoi de l'infâme^Jacobin, du Régicide!

Le Roi finit par céder et, après trois mois de ministère, Fouché fut remercié. Comme compensation, il était nommé ministre en Saxe.

Avons-nous besoin |d'ajouter que deux amies lui restèrent immuablement fidèles dans la disgrâce : Mme de Custine et la princesse de Vaudémont.

Le ministre' quitta Paris le 4 octobre 181 5; dans sa lettre d'adieu à Mme de Custine, il lui disait : « Je n'ai point obtenu le succès que je désirais, j'ai parlé le langage de la raison à des hommes qui ne voulaient écouter que celui des passions : peut-être aussi mes idées étaient trop larges pour les têtes où je voulais les faire entrer (i). »

(i) Bardoux. Madame de Custine. — Fouché s'installa à Dresde; il y était à peine depuis quelques mois qu'il fut frappé par la loi qui exilait les régicides qui avaient exercé des fonctions publiques pendant les Cent-Jours. Il accepta avec résignation ce nouveau coup de la fortune, et il se retira à Prague (1816V Après avoir, sans succès, sollicité un asile en Angleterre, il obtint de l'Empereur d'Autriche la permission de s'établir à Trieste : il 'y mourut le 25 décembre 1820, à la suite d'une courte maladie de poitrine.

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