‹ Delphine de Sabran, Marquise de CustineChapitre 265 sur 310 · CHAPITRE XXXII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXII

dans ses recherches par la princesse Je Stolberg : « Elle est pleine d'obligeance, écrit-il; elle dit que c'est parégoïsme, et je le crois bien : elle meurt d'envie de te voir; c'est une bonne personne, naturellement ennuyeuse, mais qui ne manque ni de bon sens, ni d'esprit: elle est ce qu'on appelle de bien bonyie société, et c'est une ancienne chanoinesse; c'est tout dire. »

Enfin, à force de chercher, Astolphe trouve un appartement en plein soleil qui doit à la rigueur suffire; il consiste en une très belle antichambre, qui peut servir de salle à manger, un salon et une chambre à coucher; puis, séparément, mais sur le même palier, une chambre pour Berstœcher, une cuisine, et encore une pièce pour Jenny, la femme de chambre. Le linge de table, de lit, de toilette et les assiettes seront fournis, mais pas les couverts. Le tout, avec une remise et la chambre d'Astolphe, coûtera neuf louis et quinze francs par mois : « ce n'est pas cher pour Francfort, et pour cette année où la diète, qui cependant est encore fort incertaine, a mis tous les propriétaires en goût de demander des prix énormes ».

Enfin il faudra compter quarante francs par mois pour le bois. « C'est énorme, mais c'est calculé à l'allemande, car les Allemands se rôtissent. »

La princesse de Stolberg engage vivement Delphine à apporter de quoi couvrir son lit, « car elle dit que les courtepointes d'ici ont toujours très mauvais air; elle voudrait un couvre-pieds de soie. J'ai dit que je croyais que tu n'en avais pas, ce qui lui a fait jeter

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les hauts cris ! Une dame de Paris ! Elle te recommande encore d'apporter ton édredon, qui au reste ne sera pas de trop peut-être dans la voiture. »

Quant à Astolphe, il demande avec instance que sa mère lui rapporte « son petit manteau de taffetas ciré qu'il a passé sa vie à regretter, tant il est commode (i) ».

Mme de Custine partit donc au mois de décembre pour rejoindre son fils à Francfort, et elle y arriva sans encombre.

(i) Ces lettres sont adressées rue de Miromesnil, n° 19, faubourg Saint-Honoré. — Toutes les lettres adressées par Astolphe à sa mère pendant les années 1814, 1815 et 1816, dont nous venons de citer de nombreux extraits, nous ont été communiquées par M. La Caille qui a mis à notre disposition avec autant de bonté que d'obligeance sa magnifique collection d'autographes.

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