‹ Delphine de Sabran, Marquise de CustineChapitre 266 sur 310 · CHAPITRE XXXIII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXIII

Janvier à décembre.

Séjour de Mme de Custine à Francfort. — Elle y passe tout l'hiver de 1816. — Son intimité avec Mme de Varnhagen d'Ense — Séjour à Carlsbad. — Elle revient à Fervaques. — Correspondance avec Mme de Varnhagen.

Comme nous l'avons vu dans le précédent chapitre, Mme de Custine arriva à Francfort à la fin de décembre 1815, et elle s'installa près d'Astolphe.

Outre le bonheur très grand de retrouver son fils, elle eut encore la joie de revoir le cher Koreff et de reprendre avec lui les relations affectueuses si brusquement interrompues deux ans auparavant à Berne.

Par Astolphe et par Koreff, Delphine fit rapidement quelques connaissances et elle eut bientôt autour d'elle

(i) Quelques années plus tard, Chateaubriand se rencontra à Berlin avec M. de Hardenberg et aussi avec Koreff, qu'il détestait depuis le voyage d'Italie. Il écrit d'eux dans ses Mémoires:

« M. de Hardenberg, beau vieillard, blanc comme un cygne, sourd comme un pot, allant à Rome sans permission, s'amusant de tropde choses, croyant à toutes sortes de rêveries, livré en dernier lieu au magnétisme, entre les mains du docteur Koreff, que je rencontrais à cheval, trottant dans les lieux écartés entre le diable, la médecine et les Muses... »

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de bons amis, qui adoucissaient la tristesse de l'exil.

« La vie que je mène ici est fort peu agréable pour ce qu'on appelle la vie du monde, écrit-elle à sa mère, le 26 janvier, mais je me suis fait un petit cercle assez agréable. Le ministre Humboldty joue le premier rôle ; il n'est pas possible d'avoir plus d'esprit et plus de grâce dans l'esprit. Cette aimable société me distrait sans me consoler de l'absence de mes amis. »

L'absence de ses amis n'était pas complète, puisqu'il y en eut une, qui poussa l'attachement jusqu'à venir la retrouver à Francfort.

Avant de quitter Paris, Delphine avait été dire adieu à la princesse de Vaudémont, et, moitié riant, moitié sérieusement, elle l'avait vivement engagée à la rejoindre à Francfort, lui vantant de confiance l'agrément d'un hiver dans cette ville. La vieille princesse n'avait dit ni oui, ni non. Quelle fut la surprise de Delphine, et sa joie également, en la voyant arriver un beau matin, escortée de sa ménagerie. La princesse passa tout l'hiver en Allemagne et fut une grande ressource pour son amie.

Mais Mme de Custine allait se créer à Francfort une amitié nouvelle qui devait apporter dans sa vie un charme profond, et faire de son séjour à l'étranger un temps délicieux.

Nous avons déjà à plusieurs reprises cité le nom de Mme de Varnhagen, dont Astolphe avait fait la connaissance à Vienne, et qu'il venait de retrouver à Francfort. Cette femme étrange, extraordinaire, et dont le

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