‹ Delphine de Sabran, Marquise de CustineChapitre 286 sur 310 · CHAPITRE XXXV · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXXV

Mariage d'Astolphe. — Visite du Génie à Fervaques. — Naissance d'Enguerrand de Custine. — Chateaubriand à Londres. — Astolphe va le voir. — Chateaubriand au Congrès de Vérone. — Il est nommé ministre des Affaires étrangères. — Mme de Custine sollicite la pairie pour son fils. — Mort de Léontine de Custine. — Visite manquée de Chateaubriand à Fervaques. — Il est disgracié. — Triste aventure d'Astolphe.

Ce n'est que l'année suivante que Mme de Custine eut enfin la joie de marier Astolphe. Le 12 mai 1821 il épousait Mlle Léontine de Saint-Simon de Courtomer, jeune personne charmante mais d'une santé délicate (i).

Mme de Custine était au comble de ses vœux, et elle se berçait de l'espoir que l'avenir la dédommagerait enfin de toutes les tribulations qu'elle avait éprouvées dans le passé.

Le jeune ménage s'installa à Fervaques et l'on y passa l'été dans la joie.

Chateaubriand (2) avait même promis qu'il viendrait

(i) Aimée-Léontine de Saint-Simon de Courtomer, fille du marquis de Courtomer et de Jeanne Frottier de la Coste.

(2) Il avait été nommé ambassadeur en Prusse, et il était parti le I*' janvier 1821 pour son nouveau poste, mais il ne fit à BerHn qu'un court séjour; il revint à Paris pour le baptême du duc de Bordeaux, et le 30 juillet, M. de Villèle ayant quitté le ministère, René donna sa démission.

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en octobre prendre sa part du bonheur de ses amis; Delphine était toute radieuse à la pensée de le posséder quelques jours, mais au lieu du Génie arrive une lettre qui apporte à Fervaques la tristesse et la désillusion :

« Paris, 20 octobre 1821.

« Encore une espérance trompée : je vous avais dit que j'irais vous voir après le 15 octobre; l'ouverture prochaine des Chambres vient tout déranger; cependant comme je m'accroche à tout dans la vie, pour ne pas faire un complet naufrage, il serait possible que je fusse libre à Noël; mais n'aurez-vous pas quitté les champs? Vous êtes bien heureuse d'y vivre !

« Mille tendresses aux amis et même au vieux château. J'aime ses murs, ses eaux et son antique chambre de Henri IV.

« A vous, cet attachement qui vous poursuit partout, et dont je vous accable, depuis je ne dirai pas combien d'années. »

Cependant le Génie tient sa promesse; à la fin de novembre, il va passer quatre jours à Fervaques, à la grande joie de Delphine.

Aussitôt de retour il écrit :

(« 27 novembre 182 1 .

« J'ai laissé la paix et le bonheur à Fervaques; j'ai trouvé ici tous les ennuis et les tracasseries de la terre,

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