CHAPITRE XXXV
(( Ce qu'il y a de certain, dit M. Chedieu de Robethon, auquel nous empruntons ces détails, c'est qu'il s'agissait d'une de ces affaires inavouables qui laissent un stigmate ineffaçable dans la vie d'un homme. Custine fut victime d'un honteux rendez-vous, qu'il avait provoqué de lui-même et qu'on n'avait accepté que pour lui infliger un châtiment exemplaire. Exact à ce rendez-vous, Custine y trouva cinq ou six adversaires; maltraité, battu, laissé nu au milieu des champs, il rentra dans Paris sous le manteau d'un cocher de fiacre, et n'eut rien de plus pressé que de porter plainte. C'est par cette imprudente démarche que le scandale éclata publiquement. Une enquête fut commencée, elle établit d'autant plus vite la vérité des faits, que les agresseurs appartenant à un corps d'élite de l'armée, se déclarèrent eux-mêmes. Ils ne furent pas poursuivis (i). »
Mme de Custine, désespérée, se retira à Fervaques, pendant que son fils voyageait ; elle emmenait avec elle ie petit Enguerrand qui était tout ce qui lui restait à aimer en ce monde.
(i) Koreff a affirmé maintes fois qu'Astolphe était complètement irresponsable. Voir Chateaubriand, interprétation niêdicopsychoîogique, par le D' Evariste Michel.