‹ Delphine de Sabran, Marquise de CustineChapitre 295 sur 310 · NÉ LE 19 JUIN · texte numérisé non relu

NÉ LE 19 JUIN

décédé le 2 JANVIER 1826

gner à quitter cette terre sans dire un dernier adieu à l'homme qu'elle avait tant aimé et qui l'avait tant fait souffrir : Chateaubriand en effet se trouvait en ce moment à Lausanne auprès de sa femme malade. On s'empressa de céder aux désirs de la mourante et, après avoir dit adieu à sa mère, elle partit pour Genève accompagnée de son fils et de Berstœcher.

La veille de leur départ, Astolphe écrivait à Rahel ces lignes empreintes d'une douleur poignante :

« J'ai eu une femme, j'ai eu un fils, je les ai perdus; mon enfant était beau comme un ange et promettait d'avoir autant d'esprit que de bonté! Soixante-quatre jours d'une fièvre cérébrale l'ont consumé sous mes yeux; et cet affreux spectacle a détruit la santé de ma pauvre mère, pour laquelle j'ai les plus vives inquiétudes (i).

« Tant de malheurs n'ont pas émoussé le souvenir de notre amitié. Je vous ai vue dans un temps oii je ne connaissais de la vie que les espérances et vous me représentez tout ce que j'ai perdu dans l'expérience. Quand nous reverrons-nous, quand votre vivant esprit aidera-t-il le mien à se rajeunir, à se retremper dans cette source qui coule toujours pour vous? Nous partons demain pour Genève oià j'espère que le changement d'air achèvera de rétablir ma pauvre mère ».

René, prév enu de l'arrivée de Delphine, vint passer quelques heures avec elle à l'hôtel d'Angleterre, aux

(i) Mme de Boufiiers ne survécut que six mois ;\ sa fille, elle mourut le 27 février 1827.

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