‹ Delphine de Sabran, Marquise de CustineChapitre 9 sur 310 · POLYEUCTE · texte numérisé non relu

POLYEUCTE

Tout beau, Pauline! il entend vos paroles.

Polyeucte, acte IV, scène m»

est restée dans le lit. Elle vous fait bien des compliments et elle est fort fâchée de ce que vous ne lui écrivez point.

Les amusantes réflexions de Delphine sur Polyeucte sont la meilleure critique de l'éducation intensive qu'elle recevait; n'est-il pas puéril de vouloir faire comprendre à des enfants de huit ou neuf ans les chefsd'œuvre de la littérature ? Mme de Sabran eût certainement été plus avisée en lisant à sa fille les Contes de ma Mère l'Oie, qui étaient plus de son âge.

Avant de rejoindre son régiment à Dunkerque, Boufflers, pour se concilier les bonnes grâces d'Elzéar et de Delphine, leur avait donné une petite chienne qu'ils avaient nommée Bonne Amie; elle était peu jolie en effet et d'une médiocre intelligence, ce qui n'empêchait pas les enfants de l'aimer à la passion. Peu de temps après on apprenait au chevalier la fâcheuse aventure survenue à Bonne Amie :

« Ta pauvre Bonne Amie est au supplice depuis deux jours. J'ai voulu lui donner les belles manières et la faire tondre comme les chiens les plus distingués. Au lieu de cela, on l'a tondue de si près qu'on l'a écorchée vive; elle ne passe son temps qu'à se gratter et se plaindre, et elle est si honteuse de sa nudité qu'elle va toujours se cachant ; enfin elle en perd le boire et le manger, et elle en perdrait l'esprit si elle en avait, mais certainement elle est plus bête que jamais. »

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