‹ Delphine de Sabran, Marquise de CustineChapitre 96 sur 310 · CHAPITRE XII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XII

— Au début de la guerre, Custine, malgré l'ordre qu'il en a reçu du maréchal Lùckner, a refusé de s'emparer des gorges de Porrentruy.

Réponse : — a Si je n'ai pas pris les gorges de Porrentruy, c'est : 1° parce que je n'avais pas de soldats; 2" parce que, pour exécuter des ordres le vendredi, il ne faut pas les recevoir le lundi suivant. »

— Bien que Custine ne pût se faire illusion sur la force de résistance de Mayence qui, tôt ou tard, devait succomber sous les armées coalisées, il a dégarni Strasbourg de son artillerie pour la jeter dans Mayence.

Réponse : — «Si j'ai fait venir à Mayence l'artillerie de Strasbourg et de Landau, c'était pour fortifier la ville ; il fallait bien la fortifier puisqu'on voulait la défendre. »

— Il a fait fusiller des officiers des gardes nationales volontaires, qui mangeaient des raisins dans des vignes et après avoir fait faire cette fusillade il s'est écrié : « Et voilà comme on établit la discipline ! »

Réponse : — « Si j'ai fait fusiller quelques soldats voleurs des églises, pilleurs des magasins et rebelles aux ordres du général, c'était pour donner un grand exemple de discipline. »

— Un soir étant à souper chez lui, à Mayence, et entouré d'un grand nombre d'officiers, « vers la fin de janvier dernier, en parlant du cy devant roi, il a dit : « Tout est fini ! » puis il garda un morne silence qui ne fut interrompu que par cette exclamation : « Ce n'était pas mon avis; il fallait garder le roy pour otage et non le faire mourir. »

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Réponse : — « J'ai pu dire que si nous avions gardé Louis en otao-e, les ennemis nous auraient fait la o-uerre avec moins d'acharnement, mais je n'ai jamais proféré aucune marque de pitié pour un homme que j'ai toujours regardé comme l'auteur de nos maux. »

Un témoin lui ayant reproché d'avoir fait arrêter arbitrairement à Mayence le docteur Hoffmann, l'un des meilleurs et des plus chauds patriotes qu'il y eût dans la ville, Custine riposte : « J'ignore si le docteur Hoffmann était aussi bon patriote qu'il le disait, mais ce sont souvent les plus grands ennemis de la liberté que ces aboyeurs de café et ces orateurs de club; on peut se rappeler que Dumouriez a présidé les Jacobins en bonnet rouge. »

Un témoin ayant affirmé que Custine avait fait venir à Mayence pour 80000 livres de meubles, Custine répond en riant : « Si le témoin n'en a jamais d'autres dans sa vie, il peut prendre la besace et mendier son pain. »

Le président ayant dit à l'accusé : « Pendant que vous étiez à l'armée du Rhin, vous avez reçu des nouvelles de Mavence par l'intermédiaire d'une dame. — Hélas! non », riposte gaiement Custine.

Un des griefs qui révoltent le plus le général, c'est le parallèle qu'on affecte d'établir entre Dumouriez et lui. « 11 ne peut y avoir, s'écrie-t-il, de rapport entre un bas intrigant tel que Dumouriez et un homme qui a toujours bien servi sa patrie. »

Un des plus violents témoins contre le général était le secrétaire de Bouchotte, un nommé \'inccnt: sa

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