CHAPITRE XIII
Août-décembre.
Correspondance de Mme de Custine avec sa mère et son frère. Armand de Custine dans sa prison. — Mélancolie d'Elzéar.
Pendant les heures terribles qu'elle venait de passer, Mme de Custine avait naturellement cessé toute correspondance avec sa famille. Deux jours après l'exécution de son beau-père, elle écrit à sa mère une lettre empreinte de la plus vive douleur, mais pour éviter qu'elle ne soit supprimée par le cabinet noir, Delphine ne fait allusion qu'à mots couverts aux événements qui viennent de s'accomplir. Quand elle parle de son mari, elle se borne à dire qu'il est toujours dans le même lieu; elle n'ose se risquer à prononcer le mot d^ prison :
« Paris, 30 août 1793.
« Après mon long silence, causé par le malheur, je viens enfin, ma tendre mère, me jeter dans vos bras et pleurer avec vous. Nos malheurs vous sont connus et votre tendresse nous l'est trop, pour ne pas croire qu'ils ont été partagés.