‹ Demande du rétablissement d'une chaire d'HippocrateChapitre 5 sur 6 · CONCLUSIONS · texte numérisé non relu

CONCLUSIONS

Il sérail inutile de détacher d’autres morceaux des traductions : le lecteur, après avoir comparé la version deM. le docteur Coray et les suivantes, pourra facilement se décider dans le choix qu’il donnera à ruue ou à l’antre j mais toujours est-il vrai que celte préférence doit être motivée sur la concision , l’exactitude et la clarté du style. Lorsque ees conditions

sont réunies, le texte est nécessaire' portr s’assurer de la fidélité de la traduction et juger toutes choses égales, avec avantage entre divers ouvrages (i) celui qui mérite d’étre préféré ; rélégance doit toujours tenir le premier rang.

Il s’agit surtout de collationner les manuscrits ; voilà la tâche importante que j’ai dû remplir , laquelle n’a été perfec* lionnée par aucun de mes devanciers , à l’exception de MM. Coray et Bosqulllon. J’ai voulu imiter leurs exemples et leurs préceptes 5 car Foës et Chartier n’ont point recueilli les ionismes, qui appartiennent, en grand nombre, aux meilleures copies du texte des Œuvres d*Hippocrate. J’ai donc dû suppléer à celle lacune, de plus, j’ai rétabli plusieurs passages obscurs ou douteux , en puisant de nouvelles leçons dans les manuscrits : il est facile de s’en convaincre

(i) Jé li’ai pas besoin de diire que j’ai collationné avec soin le texte sur les manuscrits de la Bibliothèque du Roi, et que j’ai rétabli les ionismes.

en comparant la nouvelle édition grecque aux éditions précédentes Enfin , Vanfler-Lindén est le seul, qui ait au moins tenté de rétablir la pureté du texte, quoiqu’il n’eût à sa disposition que deux manuscrits.

Quant à la traduction française avec le texte en regard , il n’en existait pas avant celle que j’ai mise au jour ; je suis forcé par ces divers motifs dé solliciter les encouragemens nécessaires pour me consacrer à ce travail , qui exigera encore plusieurs années j mais je dois surtout faire sentir combien les encouragemens précédemment accordés sont peu proportionnés aux frais d’impression, non seulement les souscnptions du ministère n’ont pu y satisfaire, mais encore en sus dés quittances d’une somme de 7,900 francs, j’ai employé 6,000 francs à la même opération.

Je dis que le Gouvernement, se doit à lui-même, de ne point laisser à une seule personne , des dépenses qui con-;

cernent spécialement les établisse meus publics, auxquels est confiée pariiculiè*rement l’instruction ; que si cette branche que i’ai cultivée^ n’eût point été aban* donnée, on pourrait m’objecter un dédommagement possible par la vente des livres;, mais il faut d’abord admettre Hippocrate dans l’enseignement.

Je proposerai donc au Gouvernement, de faire l’acquisition de trois cents exemplaires de la traduction d’Hippocrate avec le texte en regard, pour en faire don aux Écoles de médecine. Ces exemplaires seraient distribués gratuitement aux élèves les plus instruits. Je dis expressément aux élèves les plus instruits, parce qu’ils doivent faire de longues études et songer à expliquer les textes d’Hippocrate, avant que de devenir des médecins savans et observateurs. Je préférerais ceux qui ont déjà obtenu des prix , et particulièremept les élèves de l’École pratique, dont on exigerait, dans les concours et dans les examens particuliers, l’explication des aphorismes d’après le texte; enfin je distinguerais encore les élèves, qui suivent le plus tora. i*''.

assidûment les cours de clinique et de pathologie interneî en un mot ceux qui,’ exclusivement , se destinent à exercer la médecine non opératoire. Vingt-cinq exemplaires, pendant quatre ans, donnés gratuiiemeni aux trois Ecoles, y feraient frucilfier utilement l’émulation, et contribueraient à répandre le goût des écrits hippocratiques, conformément à l’ordonnance royale, citée précédemment, qui prescrit aux Docteurs non reçus, d^êire agrégés à rUniversité comme bacheliers-ès sciences ou en philosophie, au moins, en 1823. Ce serait faciliter aux jeunes médecins, la restauration des éludes longues et pénibles (1).

'( 1 ) Cette proposition in’a été suggérée d’après l’iivis même du conseil de santé, qui, clans son lap" port adressé à», son Excellence le ministre de la guerre, a jugé qu’il était utile de répunche l’instruction hippocratique dans les hôpitaux militaire?. S. Ex. a décidé que les ouvrages du père de la médecine seraient ou placés dans les bibliolhèqnes de ces établissemens , ou donnés en prix aiiit élèves. ( Lettre de son Excellence , du l'a novembre 1816. )

Le moyen que je propose au Gonver^ Deinent est fondé sur la plus stricte justice et sur le bicù meme de la science, sans sortir des limites qu'elle prescrit , ni,hors de renceinle de^ Facultés. On regénérerait ainsi utilement dans TéspaCe de quatre ans tout au plus j urie larigue savantej que nos troubles civils nous ont fait négliger depuis trop long-temps, quoi qu’’elle soit la source des connaissances les plus importantes dans les arts et les sciences.

Les rivalités doivent cesser pour l’utilité générale. Sa Majesté, si bon juge de toutes les grandes entreprises de littérature, a daigné agréer la nouvelle édition grecque et traduction française, consacrées surtout aux éiudians en médecine. M. le président de la commission de l’instruction publique, pourrait donc solliciter de Sa Majesté, une ordonnance conforme à celle du ap juin i 8 i 5 , pour rétablir, au moins dans la capitale, le cours de la doctrine d’Hippocrate , précédemment fondé aux Écoles de médecine, en vertu des anciens

réglemens non abrogés : il resterait à fixer une indemnité pécuniaire annuelle , suffisante , aux termes du rapport de la Faculté , du i®*’février 1816, pour continuer les travaux relatifs à Hippocrate ; MM. les professeurs avaient précédemment estimé qu’elle devait être de 3 ,000 francs.

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