‹ Déménagé d'hier; comédie-vaudeville en un acteChapitre 10 sur 33 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

FRASQUITA, entrant avec'un bougeoir. (Elle retire la clef de la serrure, et la remet en dedans du côté de la chambre. ) Tiens! j'avais laissé une bougie allumée. (Elle éteint le flambeau de la cheminée, et pose son bougeoir sur la table. ) Couchonsnous bien vite, non pour dormir, mais pour penser a mon Achille. ( Commençant sa toilette de nuit, elle ôte ses bracelets devant la glace de la cheminée.

Aîr : boléro de Monpou.

Ahl que n'est-il sous ma fenêtre, Celui qui sera mon mari I Mon cœur le reconnaît pour maître, Ma main, mes rêves sont pour lui.

Ces bras qu'à l'ivoire il compare

Et pare Des beaux bracelets que voilà ; Ces yeux que chante sa guitare, Pour lui je garde tout cela.

Ah ! que n'est-il sous ma fenêtre, etc.

(On entend ronfler.)

Hein !... C'est une voiture, sans doute, qui passe dans la rue... Si j'étais à Alger, je croirais que c'est un lion de l'Atlas qui respire dans quelque buisson d'aloès. ( Nouveau ronflement.) Non, ce n'est pas une voiture... ça vient du côté de la porte, fermonsla bien... car, dans cette capitale de la civilisation, on dit qu'il y a tant de voleurs. (Après avoir fermé à double tour.*) Où donc est mon peignoir? (Elle prend sa bougie et s'approche du

* Cette action est simulée. Pour rendre faciles tous les jeux de la porte, la serrure n'a point de pêne, la porte se ferme au moyen d'un petit tourniquet double que l'acteur peut ouvrir du dedans et du dehors.

lit. A la vue de Ravinart, Frasquila pousse un cri de frayeur et laisse tomber sa bougie qui s'éteint. )

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