‹ Déménagé d'hier; comédie-vaudeville en un acteChapitre 11 sur 33 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

FRASQUITA, RAVINART. [Il fait nuit) ravinart, réveillé en sursaut.

Caporal, hors la garde, v'nez r'connaîtr' trouille !

FRASQUITTA.

Grâce ! monsieur le voleur !

ravinart, à part.

La locataire de mon appartement !

FR\SQUITA.

Ne me faites pas de mal, je vous en supplie !

RAVINART.

Madame... ou mademoiselle, comme c'est la première fois que vous me voyfz... ou plutôt que vous ne me voyez pas, à cause de l'ombre épaisse, j'excuse votre méprise. Je n'exerce pas tout à fait l'industrie que vous me supposez.

FRASQUITA.

Pas tout à fait?

RAVINART.

Non, je suis négociant.

FRASQUITA.

Alors , monsieur , comment vous trouvez-vous dans ma chambre.

RAVINART.

Mon Dieu ! madame ou mademoiselle je n'aurais qu'un mot a dire... mais je trouve original le commerce que nous entretenons ici étant l'un pour l'autre ce qui s'appelle : Chat en poche. Eh ! eh ! eh I

frasquita, à part.

Si je pouvais gagner la porte !

RAVINART.

L'aventure me paraît caldéronesque, elle est de cape et d'épée, — et jolie comme vous l'êtes

FRASQUITA.

Monsieur ! [Ellepassedu côté droit cherchant la porte à tâtons.) ravinart, parlant du côté où elle n'est plus.

Car je vous vois avec le télescope de l'imagination : un teint de lis, des cheveux d'ébène, des dents de nacre, ce qui serait fort laid s'il n'était convenu que c'est l'idéal du beau.

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