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INTRODUCTION
Mais il ne faut pas se laisser tromper par cette phrase de Cydonès : « Je voulais dit-il, remplir la promesse faîteaux très saints Apôtres et m’acquitter de mon vœu ». Nous savons qu’en 1 347 » année où Démétrius écrivit à Barlaam cette admirable lettre théologique que nous pouvons lire seulement dans une traduction latine 1 , Cydonès commençait peut-être sa crise de conversion. Elle dura encore longtemps et nous ne croyons pas qu’en 1 353 il eut encore pris un parti définitif : c’est du reste ce que Démétrius même nous fait comprendre dans son Apologie : la nature même de son esprit qui le portait depuis sa première jeunesse vers l’étude des problèmes philosophiques, la formation qu’il devait à la fréquentation de l’Ecriture et des Pères de l’Église, l’empêchaient de se prononcer en faveur d’une théorie avant d’avoir bien réfléchi et de l’avoir étudiée de bien près : c’est pourquoi ce fut seulement « après avoir appris le latin, lu les principaux ouvrages de S. Thomas d’Aquin et avoir fait une étude approfondie de la doctrine des Pères occidentaux, doctrine qu’il confronta avec celle des Pères orientaux, que ses derniers doutes disparurent et qu’il formula son acte de foi au dogme catholique » 2.
Sur ces entrefaites, les événements se précipitaient : c’était la dernière année de la puissance de Cantacuzène. Jean Y Paléologue, avec l’aide de François Gattilusio, réussit à entrer à Constantinople (novembre-décembre 1 3 54) ; la paix conclue stipula que les deux empereurs devaient régner ensemble; mais bientôt ( 1 355) Cantacuzène abdiquait et se retirait, sous le nom de Joasaph, dans le cloître de Manganes et peu après au Mont Athos. Cydonès le suivit : « Il fut accompagné dans la retraite par Nicolas Cabasilas et Démétrius Cydonès, deux hommes qui étaient arrivés au plus haut degré du savoir, philosophes non seulement en théorie, mais aussi dans la pratique de la vie et qui avaient choisi la vie la plus sage, loin des préoccupations delà famille3. »
Mais il ne faut pas croire que Cydonès prit l’habit religieux ni qu’il demeura longtemps au cloître. La même année, ou au plus tard l’année suivante, nous le retrouvons de nouveau