‹ Démétrius Cydonès: correspondanceChapitre 13 sur 101 · Cf. Cantacuzène Hist. IV, 16, 10 (éd. Bonn. III · texte numérisé non relu

Cf. Cantacuzène Hist. IV, 16, 10 (éd. Bonn. III

INTRODUCTION

en Italie. Nous en avons plus d’un témoignage et il ne me semble pas possible de douter de la chose1. C’était, du reste, naturel : la retraite de Cantacuzène et l’accès au pouvoir de celui qui avait été jusqu’alors son rival acharné ne pouvaient qu’éloigner Démétrius de la cour : d’ailleurs, c’était bien le moment opportun pour lui de réaliser son désir et de retourner en Italie, où il n’avait pu visiter que Venise lors de son premier voyage: il avait dû remettre son voyage à Rome et il se sentait encore lié par sa promesse faite aux saints Apôtres et tenu de s’acquitter de son vœu. Mais une autre raison aussi le poussait : nous avons vu avec quelle ardeur il s’était appliqué à étudier le latin, et quels progrès il avait faits dans la connaissance de cette langue en si peu de temps et avec le peu de moyens qu’il avait à sa disposition ; de quel enthousiasme il avait été épris pour la littérature des Latins et pour les chefs-d’œuvre de la littérature théologique de l’Occident. Se perfectionner dans cette langue dans le pays même où on la parlait, venir en contact avec les Latins qu il avait appris à aimer et à estimer, n’était-ce pas contribuer à ce rapprochement entre l’Orient et l’Occident qui était désormais le but de son activité et de ses études ?

Nous ne croyons donc pas, comme on pouvait le croire jadis, que Cydonès se soit rendu en Italie pour y apprendre une langue qu’il ignorait jusque-là ; son Apologie nous renseigne clairement à ce sujet : Démétrius a appris le latin en Grèce et si bien qu’il était déjà arrivé à le parler très correctement; mais nous y voyons une raison de plus pour qu’il ait désiré s’y perfectionner et l’entendre parler de la bouche même des Latins, dans leur pays même : il saisit le

i. Mer Mercati qui, dans ses études approfondies sur Prochoros Cydonès (elles paraîtront bientôt dans Studi e Testî) a été amené a étudier aussi la vie et les œuvres de son frère Démétrius, doute beaucoup de ce voyage et de ce séjour de Cydonès en Italie, après la retraite de Cantacuzène : il croit pouvoir suspecter les notices de Volterrano et des autres qui nous ont laissé le souvenir que nous allons citer. Quant à nous, il nous semble que le témoignage direct de Démétrius, déclarant qu’il vécut quelque temps loin du palais malgré les instances de Jean V pour l’attirer (Cf. p. xxii), uni à ces souvenirs qu’on a conservés du séjour de Cydonès en Italie pendant ces années, est pour le moment assez probant. Cela du moins, tant qu’on n’aura pas de témoignages contraires qui manquent aujourd’hui.

INTRODUCTION

moment où Cantacuzène se retira du pouvoir et où luimême, si profondément attaché à Cantacuzène, ne pouvait pas garder sa place et sa haute dignité à la cour du nouvel empereur. Cydonès même, du reste, dans son discours à Jean Y Paléologue, nous apporte le témoignage qu’il abandonna le palais pour s’adonner de nouveau à ses études dans la tranquillité de la vie privée : « Lorsque le gouvernement de ton père, lui dit-il, te revint, que Γ « autre » se retira, et que les difficultés d’alors furent éloignées, moi, comme ceux qui ont été enchaînés et qui voient tomber leur chaînes, je fus tout heureux de retrouver ma liberté et de retourner à mes études1. » Aucun souvenir, ajoute-t-il, ne lui est plus doux que celui de cette période de liberté. C’est à ce moment, sans doute, qu’il faut placer son second voyage et son séjour en Italie : Volterrano écrit : « Démétrius Cydonès de Thessalonique, homme savant et saint, vint à Milan, où il s’adonna à l’étude des lettres latines et de la théologie2. » Et A. Fumagalli nous donne des dates : il nous dit que le séjour de Cvdonès à Milan eut lieu en i3553 ; Giulini au contraire le place entre i356 et 1 36 1 : « Dans ces années vint à Milan Démétrius Cydonès de Thessalonique ou de Candie, homme très savant, qui traduisit en grec la liturgie de la Messe Ambrosienne qu’on célèbre le jour de Noël : on avait alors de grands espoirs de faire renaître l’amour des belles-lettres à Milan 4. » Nous crovons devoir placer le voyage de Cydonès tout de suite après l’abdication de Cantacuzène, en 1 355 , ou en 1 356 au plus tard: on ne sait pas jusqu’à quelle année son séjour s’est prolongé. Quelles villes d’Italie Démétrius visita-t-il lors de son second voyage? Sa Correspondance est toute pleine de ses souvenirs d’Italie et des liens d amitié qu’il noua avec les humanistes et les personnages les plus en vue de Rome et d’ailleurs ; mais les données chronologiques nous manquent souvent ou ne peuvent être établies et il nous est bien difficile de préciser les différentes époques où il séjourna en Italie, et surtout les villes qu’il visita et les relations qu’il s’y créa à chaque voyage. Il est vraisemblable

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