‹ Démétrius Cydonès: correspondanceChapitre 19 sur 101 · Cf. p · texte numérisé non relu

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2. Nous avons plusieurs lettres qui sont écrites à cette époque ; mais dans aucune, Cydonès ne semble être revenu à la cour. Sa lettre à l’empereur Andronic nous semble, du reste, assez probante.

INTRODUCTION

du règne de Jean V (1879-1391) semble lui avoir été pénible. Malgré les honneurs attachés à sa dignité et sans doute même à cause de sa haute situation au palais qui excitait l’envie et la jalousie autour de lui, malgré les missions très délicates et les charges importantes que l’empereur lui confiait1, malgré les succès qui couronnaient son activité diplomatique 2, Cydonès ne s’entendit pas toujours très bien avec Jean Y Paléologuc et, à un moment donné, il se retira de la cour. Trois causes semblent expliquer cette attitude : la jalousie dont il était entouré, les reproches qu’on lui faisait au sujet de ses croyances religieuses, reproches auxquels semble s’être associé parfois l’empereur lui-même 3 et surtout, comme la Correspondance nous le prouve souvent, son amitié fidèle pour le fils de l’empereur, Manuel, qui succéda à son père seulement en 1891 , mais qui depuis 1878, et peut-être même avant, avait été couronné empereur.

Voici un point bien mal connu dans l histoire et que la Correspondance de Cydonès sert à éclairer. Que fit Manuel après le malheureux coup de tête de Serres, à la suite duquel Khaïreddin-pacha occupa Thessalonique P Phrantzès4 et Chalcocondylès5, tout en admettant que Jean Paléologue pardonna rapidement à son fils, sur l’ordre du Sultan, attestent qu’il était fort irrité ; mais ces auteurs se taisent sur les effets de la colère paternelle et nous pouvions croire jusqu’ici que Manuel avait pu vite réoccuper sa place de gouverneur de Thessalonique, à la suite de la générosité du Sultan et du pardon de son père. Les lettres de Cydonès nous donnent des détails plus précis : le père et le fils furent longtemps en désaccord; Manuel, après s’être réfugié à Lesbos auprès de François Gattilusio, vécut quelque temps relégué dans l’île de Lemnos et il y eut même un moment où il envahit le Péloponèse pour attaquer son frère Théodore. Théodore ayant succédé comme despote du Péloponèse à Mathieu Cantacuzène,

1. Dans son discours à Jean Paléologue, il nous parle longuement de scs voyages par terre et par mer et des nombreuses missions qui lui avaient été confiées par l’empereur Byz. Ng. Jhrb., id. p. 286 ss.

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