Ibidem
INTRODUCTION
début de r4oo, et vraisemblablement il n’arriva pas même à voir l’aube duxve siècle1.
Krumbacher appelle Démétrius Cydonès le plus grand essayiste de l’époque des Paléologues 2. Il fut certainement l’un des écrivains les plus remarquables de son siècle. Son œuvre est encore en grande partie inédite et c’est regrettable : elle mériterait une étude d’ensemble. Parmi les auteurs de son époque, Cydonès est peut-être celui qui sacrifie le moins au goût de son temps. Sa vie s’étend du règne d’Andronic III à celui de Manuel II Paléologue ; son œuvre projette quelques rayons de lumière sur bien des points de l’histoire de cette époque, jusqu’ici peu connus ou entièrement ignorés. Les quelques lettres, que nous publions intégralement ici pour la première fois, en sont une preuve : nous nous réservons de publier bientôt sa Correspondance en entier. Les byzantinistes le savent : une histoire complète de cette civilisation millénaire ne sera possible que le jour où seront connus les nombreux documents restés jusqu’ici inédits : les nombreuses Correspondances des écrivains byzantins ont à cet égard une très haute valeur. C’est le cas de la Correspondance de Cydonès. Par ailleurs, Cydonès est l’un des meilleurs écrivains de son siècle et il mérite une des premières places à côté de ses contemporains même les plus célébrés. Nous n’hésitons pas à le dire : aucun d’entre eux n’est aussi proche des classiques ni aussi nourri de leurs œuvres. Homère, Hésiode, Pindare, Sophocle, Aristophane sont parmi les poètes les plus souvent mentionnés et cités ; Démosthène et Platon parmi les prosateurs. L’âme chrétienne de Cydonès n’est pas dépaysée dans ce monde antique qu’il a étudié dès sa tendre jeunesse et qu’il continue à admirer, tout en s’adonnant à la théologie et en se passionnant pour les graves questions religieuses auxquelles s’intéressait son âme profondément chrétienne. Ainsi, les souvenirs de l’Ancien et du Nouveau Testament, de saint Paul, de saint Augustin, de
1. Manuel Calecas, son disciple, composa une épitaphe de io hexamètres peu corrects, conservée dans les codd. Marc. 5og Vallicell. App. Ail. 2i5, CXXX et 2 1 4 , CXXXIX et dans d’autres manuscrits de la Vaticane, parmi lesquels le Vat. gr. 1092 (autographe).