‹ Démétrius Cydonès: correspondanceChapitre 28 sur 101 · XL V · texte numérisé non relu

XL V

X ne devait présenter que les différences insignifiantes qui existent entre une copie et son modèle. Ce ms. X représentait une tradition diplomatique très différente de A : la comparaison des deux textes est probante : des phrases entières sont ajoutées, d’autres sont supprimées, des périodes revêtent une forme tout à fait différente sans pour cela différer de sens; parfois même une lettre entière exprime bien la même idée, mais diffère quant à la forme presque du commencement à la fin ; d'autres fois, ce sont seulement les premières lignes, ou les dernières qui diffèrent; c’est un danger contre lequel il faut être en garde : car deux lettres dont le début et la fin sont différentes peuvent être considérées comme deux lettres distinctes, alors qu’au contraire il s’agit d’une seule et même lettre. Il arrive aussi qu’une lettre qui a la même forme au commencement et à la fin se trouve écourtée dans une des deux rédactions, une partie entière avant été supprimée. C’est le cas de la lettre n° 125 que nous publions ici (cf. p. 64).

La conclusion s’impose : il ne peut s’agir là que de deux rédactions différentes et ces corrections si nombreuses et souvent si profondes ne peuvent être que de l’auteur même. Doit-on imaginer que l’une des deux rédactions représente le texte tel qu'il a été envoyé par Cydonès à ses amis, et que l’autre nous offre le texte que Cydonès même modifia et corrigea ensuite ? Ce serait une solution facile ; mais la question paraît bien plus compliquée ; on le verra par ces observations que la comparaison entre le texte des deux mss. nous permet de faire :

1) B présente parfois le texte de A tel qu’il était avant d’avoir été corrigé par Cydonès : nous pouvons encore le lire à travers les ratures ;

2) parfois B présente le texte de A déjà corrigé ;

3) lorsque le texte de A a été corrigé deux fois, nous trouvons souvent dans B la seconde rédaction de A qui a été ellemême corrigée ensuite ;

4) B présente souvent un texte qui diffère de celui de A, tandis que A ne présénte aucune trace de correction.

Nous ne pouvons donc qu’avancer des hypothèses : évidemment A a subi deux corrections à deux époques différentes ; le fait que B nous conserve parfois les traces de la première correction nous oblige à croire, dans ces cas, que B dépend

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